«Le gouvernement n’interviendra pas pour défendre les homosexuels»

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Noel Saint PierreÊtre. Le Québec s’est doté d’une politique de lutte contre l’homophobie et d’un comité ministériel. On attend toujours le un plan d’action. De quelles mesures concrètes a besoin le Québec concernant les LGBT ?
N.S-P. DUn volet n’est pas mis en œuvre : dans les cours de francisation, on aborde très peu les réalités des minorités sexuelles et des femmes sont rarement abordées directement. Il n’y a pas non plus de structure d’accueil qui permette d’intégrer la communauté LGBT. Les gens ont recours à de petits organismes de leurs propres communauté groupes ethnoculturelsle… qui exigent leur demandent souvent de qu’ils cachernt leur orientation sexuelle.
Les rares organismes quque nous sommes i sont arrivés à se créer ici manquent de ressources, que ce soit Helem, Arc- en- ciel d’Afrique ou Au- delà de l’arc- en- ciel manquent de ressources. Il faudrait leur donner un financement récurrent pour leur permettre d’assurer une permanence. Il faudrait au moins Le minimum serait d’avoir un centre communautaire, avec des ressources en différentes langues, soit avec des bénévoles, soit au moins avec des gens qui vont y passeraient quelques jours par chaque semaine.
La suppression de toute référence sur les aux droits des homosexuels dans le guide d’immigration, depuis novembre 2008décidée il y a quelques mois, a-t-eille eu des répercussions concrètes sur la situation des LGBT au CanadaCanada  ?
Je ne peux pas dire qu’à court terme la suppression de cette mention ait un impact effet sur la situation des homosexuels au Canada. On donne cCe guide est donné aux gens dans un parcours vers la citoyenneté et les gens . Il est l’étudienté de façon relativement superficielle pour se préparer à un examen, afin de savoir s’ils ont les connaissances suffisantes pour être reçus en tant que citoyens.
Qu’est-ce que cela nous dit plus profondément de sur la position du gouvernement face quant à à ces problématiquesquestions ?
On a éliminé le programme de contestation judiciaire, on a éliminé un organisme semblable pour le droit des femmes, ainsi que les subventions pour Divers/Cité, la Fierté… On ne fait rien face à pour la situation des les Iraniens qui sont menacés de mort, ou alors on fait quelque chose, mais du bout des lèvres, et encore…. Le gouvernement n’intervientdra pas pour défendre les droits des homosexuels. Je pense que c’est très clair. Donc Le fait de la disparition de retirer ces mentions dans le document montre donc sa volonté d’occulter les droits des minorités ou les droits des femmes.
Les agents d’immigration sont-ils assez informés sur les situations parfois complexes danse certains pays, concernant leur « tolérance » de à l’homosexualité ?
Je vois qu’il  y a vraiment de la discrimination systématique dans les prises de décision sur les réfugiés. Pourquoi  ? Car on a souvent tendance à réduire parler de la question de la persécution en termes de la légalité ou d’l’illégalité de l’acte sexuel. Or, la vie de couple, c’est beaucoup plus que ça. On a tendance aussi à imputer obliger les aux homos à des choses qu’on n’oserait jamais imputer demander aux hétéros, comme de se cacher. On dit scomme ouvent «  si les gens sont discrets, ils peuvent éviter les problèmes  ».
On y va aussi avec des lunettes roses quand on voit qu’il y a une parade de la fierté dans le pays. On croit alors qu’il n’y a plus de problèmes, s. Sans penser à ce que vivent vraiment les gens. Par exemple, à Mexico où le mariage est pourtant autorisé, les couples  reçoivent des pierres qui volent dans leurs fenêtres, ils trouvent leurs des voitures qui sont endommagées, les pneus crevés, on leur met de la m… devant leura porte, les gens leur crachent dessus… quasiment à la figure et… la police ne fait rien. Il est clair évident que oui, il y a eu des progrès au Mexique, mais avant que ces progrès permettent aux gens d’avoir une vie acceptable, il y a encore une marge.
Comment les organismes d’aide à l’immigration perçoivent-ils l’homosexualité  ?
J’ai eu des cas d’organismes bien subventionnés par le Québec qui disaient aux gens de cacher leur homosexualité et, pour certains, de ne pas dire qu’ils sont étaient séropositifs. De plus, les conseillers, issus des mêmes communautés groupes ethnoculturelles, ne sont pas forcément sensibilisés aux problèmes des gais. Ainsi, les gens peuvent cachent souventr leur homosexualité, ils peuvent se marient parfois et avoir ont même des enfants, mais cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas gais. Ce genre de compréhension fait défaut.
Certains LGBT sont parfois victimes d’homophobie au sein de leur communauté d’origine. Comment l’expliquez-vous ?
Lorsque quelqu’un obtient un visa, il n’y a pas une transformation totale de sa mentalité. Dans certaines communautés, les gens se braquent contre la société du pays d’accueil. Ils se définissent en fonction du rejet, de la difficulté d’intégration et encore plus fortement selon les valeurs du pays d’origine. Ils sont confrontés et se retrouvent devant à des choses, situations pour lesauxquelles ils ne sont pas préparés. J’ai eu plusieurs cas, où les gens avaient été dénoncés auprès de la famille restée au pays par des gens de la communauté d’ici. Avec comme conséquence des menaces de mort de la part de la famille et des messages comme «  on sait très bien ce que tu fais ici, tu es la la honte de la famille  ». Il y a eu des lettres envoyées par des familles à l’immigration pour leur demander d’expulser leur fils parce qu’il constituait pour eux une honte.
Quel genre d’histoires peut découler de cette incompréhension ?
Je pense à ce jeune étudiant qui arrive ici et qui commence à s’affirmer. Quand papa l’apprend, il coupe l’argent pour financer les études et forcer son fils à rentrer et éventuellement à se marier. Alors finalement, on gagne le dossier en faisant une demande de réfugié, mais la rupture familiale est extrêmement douloureuse, en particulier dans les sociétés traditionnelles, car on se définit souvent en fonction de la famille.
J’ai aussi eu vu des gens qui vivaient déjà ici et qui ont eu le malheur d’être vus aperçus dans le village par des membres de leur communauté. Et là, les rumeurs commencent. Le placard n’existe plus pour cette personnes. J’ai eu vu des gens qui se faire ont été menacerés. Et ils n’ont pas porté plainte, car ils avaient peur. Au Canada, il y a déjà eu des crimes d’honneur, comme dans cette famille afghane où le père qui a tué ses trois filles en les noyant dans un canal car parce qu’elles ne vivaient pas selon ce que la famille voyait comme trouvait acceptable. Certaines personnes sont prêtes à aller très loin avec cette notion d’honneur. Et si vous venez d’une petite communauté où tout le monde se connaît, il se peut qu’il y ait une tête brûlée qui décide de vous régler votre compte.