Turquie: Amnistie Internationale monte au créneau

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Turquie Amnesty International gay

Le document intitulé Pas une maladie ni un crime : les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres de Turquie demandent l’égalité, décrit une situation alarmante qui a d’importantes conséquences pour les personnes de la communauté. «À cause des préjugés omniprésents à l’encontre des personnes [LGBT] et par peur de l’ostracisme et des attaques, beaucoup se sentent obligées de cacher leur orientation sexuelle, même à leurs proches », explique ainsi Andrew Gardner, spécialiste du pays au sein de l’ONG.

Voilà pourquoi Amnistie internationale demande aux autorités de « faire entrer en application des lois qui protègeront les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT) de la discrimination dont elles sont souvent victimes ». On recense 16 meurtres homophobes pour 2010, en sachant que beaucoup ne sont pas signalés ou encore enregistrés.

Police et justice pointées du doigt

Le gouvernement de Recep Tayypi Erdogan, premier ministre depuis 2003 et reconduit triomphalement à son poste suite au scrutin du 12 juin, se retrouve pointé du doigt. L’organisation évoque les « déclarations homophobes de responsables gouvernementaux [qui] encouragent la discrimination envers ces personnes. Au lieu de renouveler les erreurs passées, le nouveau gouvernement doit respecter et protéger leurs droits par des mots et des actions ».

Autres institutions mises en cause : la police et la justice. La première est accusée d’« amendes arbitraires et de violences ». La seconde, à travers certains exemples et témoignages de LGBT que l’on retrouve dans le document, se voit reprochée son laxisme dans les plaintes déposées suite à des agressions.

Le document d’Amnistie Internationale montre aussi la situation infernale que vivent les trans. «Dans l’incapacité de trouver un emploi, les femmes transgenres sont souvent contraintes de devenir travailleuses du sexe, une activité illégale dans le cadre de laquelle elles sont en plus harcelées par les forces de l’ordre. Elles sont également la cible privilégiée des crimes haineux, mais les autorités continuent de se désintéresser presque totalement de ce problème», détaille l’ONG.

Crédits photo: ЯAFIK ♋ BERLIN.