FTA – O deer! : histoire d’un retour aux sources

Par  |  Aucun commentaire

o' Deer FTA

Le spectacle s’ouvre sur une scène dépouillée, portant seulement en arrière-scène, l’enchevêtrement sculptural de bois de chevreuils. Derrière cette forme, un vaste écran où trône en son centre une gravure évoquant des formes similaires à celles de la sculpture.

Le spectacle débute sobrement avec ces deux êtres qui semblent vouloir s’arracher du plancher sans y arriver. Roulant d’un côté à l’autre, leur corps semble naître de ce sol. La pièce chorégraphique évolue peu à peu vers des rythmes plus rapides, des mouvements tantôt ludiques, tantôt langoureux presque érotiques. On assiste peu à peu au retour à l’état de nature de ces personnages.

Parfait pour les néophytes

Chanti Wadge a créé à partir d’improvisations avec David Rancourt, une exploration fort intéressante sur le thème de la nature, mais aussi celui du rituel mystique. La native de Séoul, qui vit au Québec depuis près de dix ans, fait aussi dans sa création une grande place au jeu, dans des séquences rappelant la naïveté de l’enfance. La jeune femme s’est dite fortement inspirée par la naissance de son enfant qui l’a ramenée à cet état de jeu.

Le résultat est magnifique, d’une beauté saisissante, grâce entre autres au dispositif scénique de Linda Brunelle, des éclairages de Lee Anholt et de l’univers sonore de Alexander McSween. Les deux danseurs s’expriment avec une exceptionnelle dextérité, tant dans les mouvements synchronisés, dans leurs envolées très amples, que dans les micromouvements où leurs corps bougent à peine.

O deer! est un spectacle d’une émouvante humanité. Il pourra facilement convaincre un spectateur peu initié de s’intéresser à l’univers de la danse contemporaine.

O Deer – Festival TransAmériques
De Chanti Wadge
Jusqu’au 1er juin
À l’Agora de la danse
Plus d’informations sur le site du FTA.

Crédits Photo: FTA / Michael Slobodian.