Syrie: une lesbienne provoque le pouvoir dictatorial

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Syrie Amine Abdallah Arraf gay

Le président Bachar Al-Assad a beau utiliser les armes et la peur pour tenter de mettre fin aux révoltes populaires en Syrie, les opposants tiennent bon. Ils continuent, jour après jour, à descendre dans la rue pour crier leur colère, leur rejet de la dictature, quitte à en payer de leur vie.

C’est parmi ces milliers de personnes que figure Amina Abdallah Arraf, professeure d’anglais qui vit à Damas, capitale de la Syrie. Son blog A Gay Girl in Damascus (Une fille gaie à Damas) attire de plus en plus de visiteurs, grâce à son « langage franc, direct, émaillé d’humour et dénué de tout scrupule », explique le quotidien libanais L’Orient Le jour.

« Quelqu’un essaie »

Son blog est du coup dans le collimateur des autorités syriennes.  « Le régime fait tout son possible pour nous faire taire et que le monde pense ainsi qu’il ne se passe rien dans le pays. […] Nous voulons la démocratie. Nous voulons la fin d’une société où l’on est jugé de manière sectaire, nous voulons en finir avec la peur, avec la torture, l’intimidation, les assassinats », affirme-t-elle dans un billet daté du 24 mai.

Le 29 avril, elle a raconté la « visite » des services de sécurité syriens chez elle. Amine Abdallah Arraf est recherchée pour « complot, traîtrise et perversion ». Elle vit désormais dans la clandestinité. Née aux Etats-Unis (sa mère est américaine), elle y a passé la plus grande partie de sa vie avant de partir pour le pays de son père voilà près d’un an. Depuis elle ne cesse de s’engager contre ce régime liberticide, notamment sur le plan des mœurs. L’homosexualité y est en effet considérée comme un crime.

Amine Abdallah Arraf n’hésite pas à parler de ses préférences sexuelles et de ses relations avec les femmes. Elle veut « donner l’exemple », pour que les autres « sachent que quelqu’un essaie ».

Crédits photo: Syria-Frames-Of-Freedom.