Les films gais en 2010 au cinéma: un cru satisfaisant mais insuffisant

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Certes, il y a eu plusieurs « films LGBT » intéressants en 2010. Reste que, pour ce qui est des œuvres grand public abordant le sujet de l’homosexualité, celles-ci se font encore trop rares. Selon Charlie Boudreau, directrice générale du Festival Image+Nation depuis 1993, « on a peut-être l’impression qu’il y a davantage de films de ce genre avec le succès de longs-métrages comme Brokeback Mountain. En réalité, il y en a seulement quelques-uns pour chaque année. La différence est que, maintenant, les diffuseurs osent plus en décidant de les distribuer en tant que film grand public ».
Certaines réalisations ont tout de même attiré l’attention en 2010. Le meilleur exemple est The Kids are all right (photo), qui raconte l’histoire d’une famille avec deux mères lesbiennes dont la vie est chamboulée lorsque leurs deux enfants décident de connaître l’identité du donneur. Le film a été acclamé par les critiques et les deux têtes d’affiche, Julianne Moore et Annette Bening, sont parmi les favorites pour la prochaine cérémonie des Oscars.

Jim Carrey, Allen Ginsberg et… Xavier Dolan

Je t’aimerai toujours Philip Morris a aussi charmé presse et public. Dans cette comédie basée sur une histoire vraie, Jim Carrey joue le rôle d’un prisonnier follement amoureux de son codétenu interprété par Ewan McGregor. Les deux acteurs ont d’ailleurs affirmé avoir apprécié le fait de jouer un couple homosexuel, Jim Carrey faisant plusieurs sorties remarquées pour soutenir la cause gaie.
Autre film à retenir, loué à la fois pour son sujet et pour la belle performance de son acteur principal : Howl, avec James Franco, se situe en 1955 et raconte l’histoire d’Allen Ginsberg. Le poète gai, à la suite de la lecture publique de son poème, Howl, se retrouve au cœur d’un procès pour obscénité. Son œuvre qui traite de sexe, de drogue et d’homosexualité marquera un tournant en matière de liberté d’expression aux États-Unis.
Au Québec, on ne peut évidemment ignorer l’œuvre de Xavier Dolan, Les Amours imaginaires. Ce triangle amoureux a fait le tour des différents festivals à travers le monde et a même valu au prodige du cinéma le prix Regards Jeunes au dernier Festival de Cannes. Qu’on aime ou pas la personnalité controversée du jeune réalisateur, Xavier Dolan, avec ce film et après le grand succès de J’ai tué ma mère, est devenu incontournable dans le cinéma traitant (directement ou pas) de l’homosexualité.

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Une seule scène censée tout dire

Devant cette énumération, Charlie Boudreau ne peut qu’admettre qu’«il y a effectivement davantage de personnages homosexuels. Mais malheureusement, ils sont encore trop souvent stéréotypés, comme par exemple le gros gars qui fait la tapette. On aborde le sujet… sans vraiment l’aborder.»
C’est effectivement le cas dans certains films où l’on y inclut une seule scène censée soi-disant tout expliquer. Exemple : The Runaways, l’histoire véridique du groupe du même nom et de la chanteuse Joan Jett, à l’époque follement amoureuse de Cherie Curry, une autre membre de la gang. Cet amour est uniquement évoqué dans le film par un très court baiser échangé entre les deux vedettes, Kristen Stewart et Dakota Fanning.
Dans son film Chloe, Atom Egoyan a, quant à lui, décidé d’oser en incluant à son œuvre une scène de sexe très explicite entre ses deux actrices, Julianne Moore et Amanda Seyfield. Black Swan, présentement sur nos écrans, a joui lui d’une excellente promotion dans les médias alors que l’on parle seulement de la fameuse scène «chaude» entre les deux principales protagonistes, Nathalie Portman et Mila Kunis.
«Ce qui se fait de meilleur reste des œuvres pour la télévision, résume Charlie Boudreau Les plus grandes séries américaines ont presque toutes une très belle histoire d’amour homosexuelle. Je pense entre autres à Six Feet Under

À venir en 2011

Devant ce constat mi-figue mi raisin, qu’attendre pour 2011 ? La sortie de Beginners, en juin est très attendue. Christopher Plummer y joue le rôle d’un homme de 71 ans qui sort du placard. Un film très prometteur !
La sortie de Kaboom au Québec est aussi à surveiller. Cette comédie est signée Gregg Araki, connu pour ses films qui osent et qui traient souvent de l’homosexualité (on se souvient du bouleversant Mysterious Skin). En 2010, Kaboom lui a d’ailleurs permis de remporter la première Queer Palm de l’histoire du Festival de Cannes.
De son côté, Xavier Dolan commence le tournage de Laurence Anyways en février prochain au Québec. Avec un budget de hui millions et une distribution à faire rêver, ce film trace l’histoire d’un couple dont la relation est bouleversée par la décision de l’homme de devenir une femme. Louis Garrel et Suzanne Clément en seront les têtes d’affiche.

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