Dépistage du VIH-sida: les réseaux sociaux d’ATOM-C

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Atom-C«Le Réseau social ATOM-C est une stratégie de promotion par les pairs dont l’objectif est la démystification du dépistage», explique Rodrigo Diaz Llamas. Selon le coordonnateur d’ATOM-C et responsable chez ACCM du développement des stratégies de dépistage auprès des hommes gais, bisexuels ou qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes sans se dire gais, la proximité relationnelle est très efficace dans ce genre de campagne.
«Le dépistage rebute beaucoup de monde en raison d’un manque d’informations, d’une stigmatisation ou encore à cause de l’attitude moralisante de certains professionnels de la santé. […] Ce n’est pas ton docteur qui te convainc de te faire dépister. C’est ton ami qui t’en parle dans ton langage », souligne Rodrigo Diaz Llamas.

L’expérience états-unienne

L’approche d’ATOM-C est inspirée d’un projet pilote de réseautage social, le Social Networks Testing, lancé en 2003 par le Centers for Disease Control and Prevention (CDC). L’initiative a impliqué neuf organismes communautaires dans sept villes états-uniennes pendant deux ans.
À terme, le CDC a formé 133 personnes séropositives ou séronégatives à haut risque d’infection au VIH en tant que recruteur. De ce nombre, 80 étaient de sexe masculin (60 %), 43 de sexe féminin (32 %) et 10 trans (8 %). Les nouveaux recruteurs ont réussi à inciter 814 personnes de leurs réseaux à se faire dépister. Ces dernières étaient toutes âgées de moins de 25 ans et la majorité était de sexe masculin (67 %).
D’après les données préliminaires tirées du rapport du CDC publié en 2005, le projet a permis de mettre à jour 46 nouveaux cas d’infection au VIH lors de sa première année (environ 6% des personnes dépistées). Cette prévalence d’infection au VIH est cinq fois plus élevée que celle constatée par les établissements d’intervention, de dépistage et d’information sur le VIH/Sida subventionnés par l’État.
Le CDC soutient que le «Département de la Santé et des Services sociaux ainsi les organismes communautaires devraient considérer cette stratégie comme une méthode efficace pour diriger les personnes vers les services d’intervention, de dépistage et d’information sur le VIH/Sida ainsi que pour identifier les personnes infectées par le VIH sans diagnostic».
De plus, les résultats indiquent que les recruteurs trans et les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes sans se dire gais sont particulièrement efficaces pour faire dépister les personnes infectées au VIH sans diagnostic.

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Le réseau montréalais

Selon le coordonnateur d’ATOM-C, «le projet roule bien jusqu’à maintenant». «Il n’y a pas d’organismes qui utilisent la promotion par les pairs pour mousser le dépistage», indique encore Rodrigo Diaz Llamas.
Subventionné par la Direction de la santé publique pour un an et demi, ATOM-C regroupe 13 recruteurs, pour la plupart dans la vingtaine. Ils interviennent surtout auprès d’anglophones et d’allophones du Village et du Plateau Mont-Royal. Pour l’instant se sont «les mecs et les filles des condoms» d’ACCM qui assurent la promotion du projet ATOM-C.

Comment devient-on recruteur?

Tout le monde peu devenir recruteur pour ATOM-C. «Une fille qui a beaucoup d’amis gais» peut très bien faire l’affaire, explique Rodrigo Diaz Llamas. De plus, il n’y a pas de nombre maximal ou minimal de personnes à faire dépister.
Les gens intéressés à faire la promotion du dépistage doivent contacter le personnel d’ACCM puis suivre une formation de une à trois heures avec Rodrigo Diaz Llamas. ATOM-C remet ensuite aux nouveaux recruteurs une dizaine de cartes sur lesquelles se trouve de l’information ainsi que les adresses des établissements de dépistage affiliés au projet.
Lorsqu’un recruteur convainc quelqu’un d’aller se faire dépister, il remet à celui-ci une carte. Une fois au centre de dépistage, la personne remettra la moitié de la carte au professionnel, qui lui-même la renverra à ATOM-C pour attribuer un point au recruteur concerné.
De plus, chaque carte possède un code d’accès en ligne menant à un questionnaire concernant les habitudes sexuelles des dépistés. Ce questionnaire revêt une grande importance statistique pour la Direction de la santé publique, en plus de faire courir la chance au recruteur et au dépisté de gagner des prix.

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