Victoriaville : « Ça n’a pas sa place chez nous »

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André Patry se décrit comme un habitué des manifestations, lui qui « enseigne depuis 30 ans et prêt à appuyer différentes causes sociales ». Le 4 mai, il s’est rendu à Victoriaville dans le cadre de l’appel de la Coalition contre la tarification et la privatisation des services publics. Avec lui, des dizaines de professeurs étaient venus montrer au gouvernement libéral et à Jean Charest leur opposition aux récentes annonces, dont la hausse des frais de scolarité.

« L’ambiance était festive, familiale aussi puisque des parents étaient venus là avec leurs enfants. Il y a avait de la musique », décrit André Patry. Seule ombre au tableau : la présence d’un « groupe d’une vingtaine de personnes habillées en noir ». « On ne savait pas qui c’était. On ne s’est pas mélangé à eux », assure le professeur.

Ensuite, tout se serait passé très vite. « Un directeur s’est fait dire « si vous êtes pacifiste, partez tout de suite, car ça va barder ». J’ai trouvé ça bizarre, car il ne se passait rien qui puisse pousser les policiers à agir ».

« On sort de là traumatisé »

Selon André Patry, « après cinq-dix minutes de manifestation, les policiers se sont mis à lancer des gaz ». « Ils ne l’ont fait non pas contre les gens en noir, mais contre nous, affirme-t-il. On ne faisait que chanter. S’il y avait eu des fauteurs de troubles, ils étaient facilement identifiables. Le président d’une fédération a été gazé, tout comme des personnes âgées ou même des enfants. Des gens de la Coalition ont reçu des balles en plastique».

Le militant reste perplexe devant l’idée des policiers d’avoir « tassé la foule dans un terrain où certains ont pu trouver des objets à lancer ». « On devient paranoïaque et on se dit que c’était un coup monté, ajoute-t-il. On sort de là traumatisé. On se serait cru dans les pays arabes. On pensait ça impossible de vivre ça au Québec, hormis s’il y a manipulation. C’est sans précédent et ça n’a pas sa place chez nous ».

« Face à la cause étudiante, les policiers ont un préjugé défavorable, affirme André Patry. On peut parler de mépris envers les manifestants. Il est possible de faire un parallèle entre cette attitude et celle des policiers qui s’en prenaient aux gais dans les années 70 ». Figure éminente de la communauté GLBT québécoise, André Patry a notamment été président de la Table de concertation des lesbiennes et des gais, ainsi que président de l’intersyndicale LGBT.

Crédit photo : Camarade Tova.