Exposition sur Michel Tremblay à Québec : la sobriété d’abord

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Exposition Michel Tremblay Québec Musée civilisation

Le musée de la rue Dalhousie, en basse-ville à Québec, entreprend donc un « cycle d’expositions qui veut souligner des moments de passages importants de notre société (…) à travers l’œuvre d’artistes ». Si l’hommage à Tremblay, en ce sens, paraît un choix tout à fait légitime, on peut aussi se féliciter de voir projeté une grosse part de l’héritage de l’homme avec une simplicité remarquable.

Une grande majorité des pièces, romans, récits, scénarios et adaptations en tous genres y sont présentés grâce à bon nombre d’extraits audiovisuels faisant partie d’un « environnement multimédia immersif innovateur, inspiré de l’imaginaire de l’auteur. » Bande-sonore originale (conçue par Gaëtan Gravel), collage de textes interprétés par des comédiens de renom (Guylaine Tremblay, Normand D’Amour, Marie-Évelyne Baribeau) ainsi que témoignages de l’homme lui-même amplifient l’installation sonore et visuelle.

Pour celui qui connaît l’œuvre de l’auteur, par contre, il n’y a là aucune surprise de taille, ou aucun aspect d’ampleur caractéristique à l’homme-monument. On voudrait davantage de vieilles boîtes de chocolats Lowney’s (évoquant une anecdote familiale tirée de son passé). L’exposition, meublée majoritairement par des photos, s’articule clairement autour d’un seul pôle : le multimédia. C’est peut-être un pari mitigé que celui-là… Bien sûr, les extraits sont intéressants et tout amateur saura s’y plaire, mais le dynamisme qu’on a pensé pour l’occasion prime sur l’imagination, la création, l’exubérance ou la diversité qu’on aurait pu (voulu) y retrouver.

À l’instar des personnages qui peuplent l’oeuvre de Tremblay, on aurait préféré l’éclatement plutôt que la sobriété. La difficulté, sans doute, à choisir parmi le répertoire élargi de l’auteur se transpose sur le spectateur, qui doit lui-même choisir parmi le grand éventail de propositions qu’on lui soumet.

L’exposition, première d’une série de trois (les prochaines portent sur Gauvreau en 2013 et sur la danse contemporaine en 2014), laissera des lectures publiques de Bonbons assortis au théâtre investir la salle les 30 avril, 7 mai et 4 juin prochains. Enfin, le 16 mai au musée, un Coquetel-bénéfice avec comme invité d’honneur Michel Tremblay lui-même sera donné afin de marquer la journée internationale contre l’homophobie.

Crédit photo : mcq.org.