DJ Ben: Un vent de fraîcheur au Bar St. Matthew’s

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Être. Pourquoi avoir voulu organiser les Samedis Bear du Bar St-Matthew’s ?

DJ B. Même si tout le monde est invité, je vise surtout une clientèle masculine de 30 ans et plus. C’est d’ailleurs pourquoi le Sauna Back Boys a accepté de nous commanditer. J’avais le goût de créer un lieu de rassemblement pour les hommes poilus ou dodus et pour ceux qui aiment leur compagnie. Mais je ne m’occupe pas que des Samedis Bear : j’organise aussi toutes les soirées du samedi au St-Matthew’s, notamment les Samedis Cuir, qui se tiennent le dernier samedi de chaque mois. En plus d’assurer la programmation musicale, j’ai le mandat d’organiser des soirées originales et d’en faire la promotion.

Être. On a souvent l’impression que la vie gaie à Québec se limite au Drague. Selon vous, comblez-vous un manque avec vos soirées ?

DJ B. Le Drague est un club qui fonctionne très bien, mais il rejoint surtout les 18-25 ans, ce qui est génial. La communauté GLBT est très variée. Il y a des gais, des lesbiennes, des jeunes, des vieux, des bears, des travestis, etc. Il est donc très difficile de rejoindre tout le monde et de les rassembler dans un même lieu. Personnellement, je trouvais que les hommes d’âge mûr avaient perdu leur place, alors j’ai décidé d’en faire ma clientèle cible. Je ne me vois donc pas comme un concurrent du Drague, mais plutôt comme un complément.

Être. Les hommes sont-ils sont au rendez-vous ?

DJ B. Oui ! Même beaucoup plus qu’on le pensait. J’étais bien conscient qu’il y avait une certaine demande, parce j’avais assuré l’ambiance musicale des deux premières soirées bear organisées par le comité des Soirées bear de Québec. Pourtant, même si on avait connu un franc succès avec les deux premiers rassemblements de ce genre, en mai 2011 et au cours de la dernière édition de la Fête Arc-en-ciel, je ne m’attendais pas à une telle popularité. On accueille en moyenne de 70 à 80 personnes tous les samedis. Des hommes se déplacent même de la Beauce, de la Gaspésie, de Sept-Îles et de Charlevoix spécialement pour assister à ces soirées. Vraiment, cet engouement est inespéré !

Être. Avez-vous eu de la difficulté à convaincre les propriétaires du St-Matthew’s d’embarquer dans votre projet ?

DJ B. Pas du tout. D’ailleurs, ce sont eux qui voulaient varier les samedis soirs en créant des soirées originales. Le St-Matthew’s s’identifie maintenant comme un bar gai, donc une soirée bear avait sa place dans notre programmation. L’un des deux propriétaires m’avait donné carte blanche pour une première édition et, tout comme moi, il ne s’attendait pas à un tel succès. Il a d’ailleurs beaucoup apprécié la maturité de cette clientèle plus âgée.

Être. À quoi ressemble votre parcours professionnel ?

DJ B. Je suis depuis toujours un grand passionné de musique. À l’âge de 12 ou 13 ans, j’achetais déjà des vinyles et j’ai vite compris que la musique allait prendre une grande place dans ma vie. J’ai commencé tôt à obtenir des petits contrats dans des bars et j’ai engrangé de l’expérience. L’année passée, j’ai fondé ma propre compagnie de disco mobile et de production événementielle, Néon Productions. Mon prochain objectif est de m’engager dans la communauté GLBT de Québec en offrant aux organismes mes services et mes compétences.

Être. Quelle est votre plus grande qualité en tant que DJ ?

DJ B. Je sais m’adapter aux goûts de la foule. C’est nécessaire au St-Matthew’s puisque ma clientèle varie beaucoup. Je fais quelques essais en début de soirée, pour voir ce qui fonctionne et ce qui amène les gens sur la piste de danse et je réussis souvent à plaire à tout le monde.