Musée des beaux-arts de Québec : faire mentir Maria Chapdelaine

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Mode et apparence dans l'art québécois de 1880 à 1945 Musée des beaux-arts québec

Depuis le début du mois de février, cette exposition propose un voyage de 100 ans qui commence au milieu du XIXe. Elle offre de revoir sous un œil nouveau l’époque du Survenant et de Maria Chapdelaine.

À cette époque, la moitié de la population québécoise habite la ville. Au moment où le Québec connaît une industrialisation massive, son élite clérico-nationaliste s’inquiète et garde sa domination sur la production culturelle. Celle-ci, incarnant l’idéal catholique francophone, projette une modeste image rurale, pour contrecarrer la perte des valeurs religieuses ayant cours dans les grands centres.

Visant à montrer une autre réalité, l’historienne de l’art Esther Trépanier a développé l’idée de l’exposition Mode et apparence, de concert avec Véronique Borboën, professeure à l’École supérieure de théâtre de l’UQAM. L’objectif des deux commissaires était clair : cette exposition allait être une anti-Maria-Chapdelaine !

Mode et apparence dans l’art québécois de 1880 à 1945

Les tendances françaises appréciées

Le résultat inclut 132 tableaux et dessins, en plus de catalogues de grands magasins, d’affiches publicitaires et de photographies d’époque. On offre aux visiteurs plusieurs inédits, comme des toiles exclusives de certains de nos meilleurs peintres du siècle dernier. Le musée a notamment sorti de l’oubli certaines œuvres de la première période d’Alfred Pellan, de Jean Paul Lemieux et de Jean Dallaire.

L’organisation spatiale des documents visuels permet de raconter autrement ce segment de l’histoire québécoise et de découvrir le goût et la curiosité des femmes et des hommes de ce temps, friands par exemple des tendances de la mode parisienne. Divisée en dix sections, l’exposition regroupe les images par thèmes, comme « Du plein air à la plage », « Évolution et controverse » ou « Les sports d’hiver ». Deux salles ont été utilisées pour présenter ces archives.

Madame Trépanier s’est exprimée avec enthousiasme dans les médias : « Nous portons tous les traces de cet imaginaire passé d’un Québec rural prêtant peu attention aux modes européennes, rappelle-t-elle. Cependant, il suffit de regarder les photos de mariage de nos grands-mères pour faire mentir ces idées. Nous avons des archives de 1928 où, à la sortie de la messe à Saint-Augustin, les jeunes filles sont habillées à la mode parisienne du temps, avec leur chapeau cloche et les cheveux courts à la garçonne ».

Pour plus de renseignements : mnba.qc.ca

Crédit photos : Idra Labrie.