Un américain poursuivi pour son implication homophobe en Ouganda

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Ouganda Justice États-Unis Scott Lively

La plainte indique que les agissements de Scott Lively ont eu pour conséquence la persécution, l’arrestation, la torture et le meurtre d’homosexuels en Ouganda. Il est poursuivi sur le fondement de l’Alien Tort Claims, qui prévoit que des victimes non-américaines peuvent intenter des actions en réparation devant les tribunaux fédéraux pour des violations du droit international. Il encourt une lourde amende.

Scott Lively était l’un des trois leaders évangéliques présents à une conférence, organisée à Kampala en 2009, lors de laquelle les hommes gais étaient accusés de sodomiser des adolescents et le mouvement gai d’être une institution diabolique menaçant la société. Un mois plus tard, une première mouture du projet de loi anti-gais, toujours à l’agenda aujourd’hui, bien que ne prévoyant plus la peine de mort, était présentée au Parlement ougandais.

Interrogé dans le Magazine Être en avril 2010, Louis-George Tin, fondateur de la journée mondiale contre l’homophobie, estimait que le texte « est directement lié à ces personnes qui sont aujourd’hui bien embarrassés de voir les conséquences de leurs actes ». De la même manière, la militante GLBT Val Kalende dénonçait l’année dernière la mort de David Kato comme « le résultat de la haine, implantée en Ouganda, par les évangéliques américains ».

« Apporter la lutte » aux États-Unis

Aujourd’hui résident à Springfield où il tient un établissement nommé Holy Grounds Coffee House, Scott Lively, a qualifié « d’absurde » sa mise en cause. « Je n’ai jamais rien fait en Ouganda, hormis prêcher les Évangiles et donner mon opinion sur la question homosexuelle, s’est-il défendu. Il n’y a en fait pas matière à contentieux ». Scott Lively s’était néanmoins vanté de son intervention, la qualifiant de « bombe nucléaire contre l’agenda gai en Ouganda ». Ci-dessous un extrait d’une des conférences homophobes de l’évangéliste lorsqu’il était de passage dans l’État africain.

Pamela C. Spees, avocate pour le Center for Constitutional Rights, un groupe new-yorkais de défense des droits humains, a expliqué au New York Times, les raisons pour laquelle son organisation porte cette plainte au nom de l’organisation des droits GLBT Sexual Minorities Ouganda. Pour elle, la poursuite « apporte [aux États-Unis] la lutte » contre ceux qui ont fomenté la législation anti-gaie, là où la cause serait plus susceptible d’être entendue.

En plus de son soutien aux mouvements anti-gais dans le monde, Scott Lively est également coauteur d’un ouvrage, The Pink Swastika. Il y affirme que les gais seraient à l’origine des atrocités commises par les nazis.

Crédit photo : riekhavoc (caught up?).