Dossier (5/5) / Les latinos gais au Québec : Jorge, 29 ans

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Latinos gais Immigration Québec

« Je suis arrivé à Montréal le 17 mars 2010. Il y a un avant et un après, tant ma vie a changé. J’ai quitté la Colombie non pas en raison de ma vie privée mais pour des raisons professionnelles : à Medellín (deuxième ville du pays), il m’était impossible d’étudier et de travailler en même temps. J’avais le choix entre partir en Australie ou au Canada. J’ai préféré le second car j’avais appris le français et Montréal parce qu’il s’agit de la plus grande ville francophone.

Je n’étais jamais venu ici auparavant mais je n’avais pas peur. Ça ne pouvait pas être pire que chez moi (rire). Sur place, j’ai découvert un respect admirable pour la différence et la liberté d’expression.

En Colombie, par exemple, tout en pouvant vivre plutôt bien mon homosexualité, je voyais quand même que les gais les plus « efféminés » souffraient de discrimination. Ce n’est vraiment pas le cas ici.

Néanmoins, il  y a des différences culturelles qui me posent des problèmes dans la vie de tous les jours. Je pense notamment au rapport à l’autre chez les gais. Chez les latinos, tu te fais des amis quotidiennement, on ne se dit pas « eux c’est pour le sexe et c’est tout ». Ici, la plupart des gars que j’ai rencontrés ne pensaient qu’à ça. Résultat : j’ai un seul ami québécois, le reste est composé d’immigrants à qui il est arrivé la même chose. Je me sens davantage en confiance avec eux, il y a plus de partage. »

Crédit photo : Bérenger Zyla.

Retrouvez l’ensemble dossier sur les latinos gais du Québec, avec l’article principal (en cliquant ici), le premier témoignage ici, le deuxième ici, et enfin le troisième ici.