Dossier (4/5) / Les latinos gais au Québec : Rafael, 23 ans

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« Des problèmes familiaux m’ont poussé à venir au Québec, en 2008, avec ma mère et ma sœur. J’étais totalement dans le placard à Veracruz. Deux semaines après mon arrivée, j’ai fait ma première sortie dans un club gai, au Parking. Au Mexique, j’avais trop peur du jugement social.

Je me souviens m’être bien habillé pour l’occasion, comme on le fait dans mon pays d’origine quand on va dans un club. Là, les hommes avaient juste un t-shirt … ou l’avaient enlevé (rire).

Montréal m’a permis de m’assumer sexuellement. Mon coming out auprès de ma mère s’est d’ailleurs fait d’une manière plutôt drôle : j’attendais avec elle dans un couloir d’hôpital pour une opération et on était entouré de plusieurs infirmiers gais. Ma mère l’a remarqué, en a profité pour me demander si j’avais des amis gais puis, finalement, si je l’étais moi-même. Elle en a été bouleversée, mais ça s’est bien fini. Au Mexique, ça aurait été, à coup sûr, très différent. Ma famille est baptiste, elle se fie beaucoup à la Bible.

Grâce au Québec, j’ai aussi pu suivre les études que je voulais. Ici, pas besoin de connaître des gens haut placés ou d’avoir un père riche pour réussir. En revanche, ma vie à l’école m’a fait remarquer qu’il n’est pas toujours facile de se faire des amis. Comme je suis latino, certains me  « marquent » comme différent et donc il y a un éloignement. J’ai aussi quelques difficultés avec les gais québécois : beaucoup sont avant tout intéressés par mon « exotisme » et ne veulent que du sexe ».

Retrouvez le premier chapitre de dossier sur les latinos gais du Québec en cliquant ici, le premier témoignage ici et le deuxième ici.

Crédit photo : A.A.