Saint-Pétersbourg : le projet de loi homophobe définitivement adopté

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Vingt-neuf voix pour, cinq contre et une abstention : les députés de Saint-Pétersbourg ont largement voté en faveur du projet de loi homophobe qui défraie la chronique depuis plusieurs mois. Voilà 15 jours, la diplomatie américaine a dit déplorer cette initiative entravant les libertés fondamentales de milliers d’individus. Mais ni la pression de Washington ni celle d’organismes comme Amnistie Internationale n’ont pu changer la donne.

En novembre dernier, le texte avait été présenté en première lecture devant le Parlement local, puis une deuxième fois au début du mois de février. Russie Unie, parti présidé par l’actuel premier ministre russe Vladimir Poutine, favori pour la prochaine élection présidentielle (poste qu’il a déjà occupé de 2000 à 2008), porte cette législation homophobe qui prévoit que toute personne faisant publiquement la « promotion de la sodomie, du lesbianisme, de la bisexualité et du transgendrisme » auprès de mineurs sera condamnée à une amende allant jusqu’à 3.000 roubles (103 dollars canadiens). Le montant peut aller jusqu’à 50.000 roubles (1.700 dollars) pour les organisations GLBT.

Détourner l’attention

Les militants y voient une menace sérieuse contre l’existence même des manifestations GLBT comme la marche des fiertés. Illustration du climat délétère que la communauté doit affronter, les débats ayant précédé l’adoption définitive du texte ont donné lieu à des débordements. Selon The St. Petersburg Times qui se base lui-même sur le récit de l’organisme Coming Out, le député Vitaly Milonov, auteur du projet de loi, était venu accompagné d’homophobes lors d’une réunion, ce mardi. L’un d’eux arborait un t-shirt portant l’inscription « Orthodoxie ou la mort », tandis que la foule criait « vous n’êtes pas des êtres humains » à l’encontre des militants GLBT présents dans la salle.

Ces derniers dénoncent le populisme du projet de loi, un leurre qui serait utilisé par Russie Unie pour détourner l’attention alors que Vladimir Poutine et son parti sont accusés de corruption et de trucages suite aux élections législatives de décembre 2011, remportées par l’homme fort du pays. Après son adoption ce mercredi, le texte doit prochainement être signé par le gouverneur Georgy Poltavchenko, avant de devenir une loi à part entière.

Crédit photo : Elen Schurova.