DVD – Marécages : « Une aventure extraordinaire »

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Guy Édoin réalisateur Marécages

Il ne s’en lasse pas. Depuis l’automne dernier, Guy Édoin a répondu à des centaines d’entrevues, mais ne rechigne jamais à parler de Marécages. « Ça fait partie du boulot », dit-il en souriant. Au moment où son premier long métrage sort en DVD au Québec et que le film vient d’être sélectionné dans différents festivals (au Canada, en Asie ou en Amérique du Sud), le jeune réalisateur (31 ans) a accepté, une nouvelle fois, de revenir sur ces débuts très réussis.

Être. Avec un peu de recul, comment percevez-vous tout ce qui s’est passé pour votre film depuis sa sortie, en octobre dernier ?

Guy Édoin. Ça a été une aventure extraordinaire. Secrètement on souhaite toujours que nos projets obtiennent beaucoup de succès, qu’ils touchent les gens, mais honnêtement je ne pensais pas que Marécages fonctionnerait autant à l’international, qu’on « ait » un si grand nombre de festivals. L’automne a été intense, je ne m’attendais pas à ce que le film voyage ainsi à travers le monde. J’ai passé environ 15 jours à Montréal en quatre mois. En plus, ça recommence en ce moment ! On dirait qu’il y a une deuxième vague de festival.

Être. Avez-vous été tout aussi satisfait de la réception au Québec ?

G.É. Oui, j’ai vraiment été très content. Les critiques ont été très bonnes, ici aussi. J’ai beaucoup accompagné le film. J’ai trouvé vraiment intéressant de pour rencontrer les spectateurs et échanger avec eux.

Être. Qu’est-ce qui les a touchés le plus ?

G.É. Ça dépend des lieux. C’est fou comment chaque salle vit le film d’une manière ou d’une autre. En région, les gens étaient très touchés par la situation des agriculteurs. On a eu droit à des témoignages vraiment émouvants. Les acteurs qui jouent [notamment Pascale Bussières, François Papineau, Luc Picard, ndlr.] sont connus et aimés au Québec et je crois que les gens étaient contents de les voir des rôles différents. Par ailleurs, les deux grands-mères lesbiennes sont des coups de cœur partout à travers le monde.


Être. Avez-vous eu l’impression de faire évoluer les mentalités en montrant ces femmes de manière simple ?

G.É. Faire évoluer les mentalités, je trouve ça un peu fort. Je suis surtout content de voir que les spectateurs trouvent ça naturel et juste beau.

Être. Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez actuellement ?

G.É. J’adapte un roman québécois, La Canicule des pauvres [de Jean-Simon DesRochers, ndlr.]. C’est un univers joyeusement décadent, assez chaud et trash. La sexualité (hétéro, gaie, lesbienne, bi) se trouve au cœur du livre, je vais donc développer cet aspect dans le scénario. Ça parle de prostitution, de pauvreté, de drogue… On suit la vie de plusieurs personnages pendant dix jours de canicule à Montréal. Par ailleurs, je tourne aussi un documentaire sur la peintre québécoise Johanne Corno, qui vit à New York depuis 20 ans. Fabienne Larouche le produit. Ça devrait être dans les salles en 2013.

Crédit photo : Métropole Films.