Festival Massimadi : « On passe du tabou à la discussion ouverte »

Par  |  Aucun commentaire

Massimadi bilan LGBT Montréal black

Être. Êtes-vous satisfait de l’édition 2012 du festival ?

Alexis Musanganya. C’est une belle réussite, d’abord sur le plan médiatique : même si tout le monde n’est pas venu, au moins beaucoup ont été informés de l’existence d’Arc-en-ciel d’Afrique et du Festival. Par ailleurs, on se félicite d’avoir pu présenter deux documentaires réalisés à Montréal, l’un avec des gais et lesbiennes qui s’acceptent (Être soi-même), l’autre sur des personnes toujours dans le placard. Ça a apporté quelque chose de neuf.  Enfin, en termes de participation, on a quasiment doublé par rapport à l’année passée, de 300 à 550 billets.

Être. Votre objectif de faire connaître les réalités des communautés noires LGBT a donc été atteint ?

A.M. Du tabou, on passe à une forme de discussion ouverte, de dialogue. Les gens qui n’étaient pas au courant de notre existence sont d’abord étonnés, puis ils parlent de nous aux autres. On a également réussi à toucher des noirs hétéros, des blancs. On a montré le côté dynamique de la communauté gaie noire, y compris celle en Afrique, que l’on a toujours vue comme statique. Les choses ne sont pas roses, mais au moins il y a des actions sur place. De même, on a vu à Montréal des gais et des lesbiennes prêts à montrer leur visage.

Être. Y’a-t-il eu quelques déceptions ?

A.M. Le seul regret est le manque de ressources humaines et financières. Le festival fonctionne avec des bénévoles. Il a été fait avec un budget est de 5.000$. Nous avons fait des demandes de subventions à la Ville de Montréal. Le ministre de la Justice a donné, sur ses fonds discrétionnaires, 1.000$. Ca aide mais ce n’est pas suffisant. Nous sommes légèrement déficitaires.

Être. En quoi est-il si important d’avoir votre propre festival ? N’aurait-il pas été plus simple de travailler avec, par exemple, image+nation ?

A.M. L’événement s’inscrit dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, sans lequel il n’existerait pas. Le festival a donc lieu en février parce que c’est à ce moment-là l’on peut faire passer le message. Ce qu’on veut, c’est aller chercher le noir de Côte-des-Neiges ou de Montréal Nord, qui voit que, parmi les 300 activités du Mois de l’histoire des Noirs, il y a Massimadi. On espère que ce festival sera précurseur d’autres festivals black dans le monde.

Pour soutenir Arc-en-ciel d’Afrique : http://arcencieldafrique.org/massimadi/faire-un-don/

Crédit photo : image tirée du film FIT.