Gérald Tremblay : aucun site d’injection supervisée en milieu communautaire

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Gérald Tremblay et les SIS de Montréal (sites d’injection supervisée)

L’organisme Cactus, qui vient en aide aux toxicomanes, souhaitait accueillir un tel centre d’injection supervisée, sur le modèle d’Insite à Vancouver. Mais le maire de Montréal ne l’entend pas de cette oreille. «Nous en avons longuement discuté et il n’est pas question de voir un SIS dans un organisme communautaire comme Cactus, a déclaré Gérald Tremblay lors du dernier conseil d’arrondissement de Ville-Marie. C’est un non unanime. Si ça se fait, ça doit se faire dans un hôpital ou dans un autre établissement du réseau de la santé ».

Le maire de Montréal avance que le secteur où est implanté Cactus, dans le Village, à l’angle des rues Sainte-Catherine et Sanguinet, « contient déjà trop de personnes en crise ». « Servons-nous des établissements de santé, puisqu’ils sont là pour ça », a-t-il ajouté. Le centre Dollard-Cormier, aux coins des rues Saint-Hubert et Louvain Est, et l’hôpital Sainte Jeanne-d’Arc, sur Saint-Urbain/Prince-Arthur Ouest, comptent parmi les sites envisagés. Gérald Tremblay en discutera dans les prochaines semaines avec le ministre de la Santé, Yves Bolduc.

Soulagement des résidents, déception des organismes communautaires.

Cette prise de position a été accueillie avec soulagement par les résidents du centre-ville. Beucoup ont applaudi l’intervention du maire. Sur les réseaux sociaux, quelques-uns des signataires de la pétition pour « un accroissement de la sécurité dans le Village gai de Montréal » se félicitent d’avoir su attirer l’attention de la Ville. Ils approuvent la création de SIS en milieu médical dans plusieurs arrondissements de Montréal que viendraient appuyer les intervenants communautaires.

Ces derniers, surpris par le maire de Montréal, considèrent qu’une telle solution risque de manquer sa cible. En effet, 93% des usagers qui ont recours aux organismes communautaires ne fréquenteraient pas le réseau officiel de la santé, estime le président fondateur de Cactus Montréal, Louis Letellier de Saint-Just. « C’est excessivement décevant, a-t-il déclaré. M. Tremblay prend un discours très politicien et fait écho à un discours de crainte et de peur qui n’est fondé sur aucun fait».

Un rapport (à consulter ici)  issu d’un groupe de travail formé par la Direction de santé publique de Montréal abondait plutôt dans le sens de Cactus, recommandant la création d’« un réseau de SIS qui intègre les services offerts par les établissements du RSSS et par les organismes communautaires », lesquels sont désignés plus loin comme « les mieux placés pour entrer en contact avec la clientèle ». Le rapport conseillait également une collaboration étroite entre les organismes communautaires, les établissements du réseau de la santé et des services sociaux et les forces policières.

Crédits photo : Union Montréal.