Le Dindon : le vaudeville comme on l’aime

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Le dindon TNM Normand Chouinard

Situations rocambolesques, femmes et/ou maris trompés, rebondissements à foison et surtout beaucoup d’éclats de rire. Le Dindon de Georges Feydeau ne faillit pas à sa réputation vaudevillesque. Pendant plus de deux heures, les spectateurs en ont ainsi pour leur argent, en prenant un vrai plaisir à voir une dizaine de personnages se démener comme des beaux diables pour arriver à leurs fins.

Dans les beaux quartiers parisiens de la fin du XIXème siècle, Edmond Pontagnac (Alain Zouvi) fait la cour à toutes les femmes qui passent sous son nez jusqu’au jour où il entreprend de séduire Lucienne (sans savoir qui elle est), l’épouse de l’une de ses connaissances (Crépin Vatelin, joué par Rémy Girard). Lorsque celle-ci, déjà courtisée par le meilleur ami de son mari (Rédillon, Carl Béchard), se refuse à lui, jurant de ne jamais tromper son époux… sauf si celui-ci la trahit en premier, monsieur Pontagnac monte un stratagème pour montrer à celle-ci qu’elle est cocue depuis bien longtemps.

Douce folie

Alain Zouvi et Rémy Girard, solides piliers de la pièce, sont fidèles à leur réputation, permettant aux seconds rôles (telle Violette Chauveau, parfaite maîtresse anglaise ne maîtrisant pas le français) de s’en donner à cœur joie. La mise en abîme (les acteurs du Dindon jouent des acteurs d’une troupe présentant le Dindon) ajoute à la douce folie de Feydeau très bien maîtrisée par Normand Chouinard.

Certains reprocheront à cette pièce son manque de crédibilité et à son auteur d’en faire trop. Georges Feydeau n’a jamais été réputé pour faire du théâtre particulièrement psychologique. Ici, tout est mis au service d’un rire franc. Goûter à ce type de théâtre ne fait certainement pas de mal, surtout lorsqu’il est servi par de tels comédiens.

Le Dindon
Au Théâtre du Nouveau monde
Du 17 janvier au 11 février
tnm.qc.ca