Quand Blanche Dubois rencontre Maggie Pollit

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tennessee willliams Dominic Goyer Montréal

Être. Vous avez fait des études en réalisation à l’Institut national de l’image et du son (INIS) où vous avez obtenu votre diplôme en 2006. Dans quelques jours, vous présenterez au public votre première incursion dans le monde théâtral. Pourquoi avoir voulu explorer ce nouveau médium?

Dominic Goyer. L’idée a surgi suite à une discussion avec deux amies comédiennes qui souhaitaient faire une création pour le Festival Fringe. Elles m’ont suggéré de leur écrire un texte. J’ai tout de suite eu envie d’explorer l’œuvre de Tennessee Williams que j’apprécie depuis longtemps. Ce qui devait être une pièce pour deux actrices a rapidement évolué vers un texte à six personnages, tous emblématiques de la dramaturgie de l’auteur américain.

Être. Comment s’est déroulé le processus de création?

D.G. Ça a été plus difficile que prévu. Je croyais naïvement arriver à écrire la pièce en quelques mois. Finalement, les premières lectures n’étaient pas concluantes. Je viens de l’univers du cinéma et de la télévision où la notion de quête, très importante dans l’écriture d’une scène, peut-être éminemment quotidienne. Au théâtre, si la quête ne transcende pas l’anecdote, ça tombe à plat. Au final, les acteurs ont été d’une aide magistrale. On peut presque parler d’une création collective, tellement ils se sont impliqués à fond dans le projet.

Un soir au Tennessee Dominic Goyer Montréal

Être. Que veut montrer Un soir au Tennessee ?

D.G. Ça parle d’abord du passé qui nous hante. Le théâtre devient une mise en abîme concernant la façon dont nous repassons encore et encore à notre esprit certains épisodes de notre existence. Il y est aussi beaucoup question de désirs refoulés. La création nous a permis de constater l’importante similarité des personnages des différentes pièces de Tennessee Williams.

Être. Vous avez dit en entrevue que la scène est un « exutoire de la vie moderne ». À quel niveau le théâtre devient-il  le reflet de notre quotidien ?

D.G. Chaque jour, nous mettons en scène notre propre existence. À travers les médias sociaux par exemple nous bâtissons et entretenons l’image que nous voulons bien exprimer et partager de nous-mêmes. Le théâtre peut donc devenir une prise de parole sur cette perpétuelle mise en scène de nos vies. C’est ce que nous avons fait avec Un soir au Tennessee.

Une nuit au Tennessee sera présentée à 20h au Théâtre de l’Esquisse du 24 au 28 janvier 2012 (1650, rue Marie-Anne Est). Pour plus d’informations : theatredelesquisse.qc.ca

Crédits photo : Library of Congress.