La Belgique a (enfin) un nouveau premier ministre… et il est gai !

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Elio Di Rupo premier ministre belge homosexuel gay

La presse belge, qui aime attribuer des surnoms aux coalitions gouvernementales, a déjà appelé celle-ci « le gouvernement papillon ». Et pour cause : le futur premier Ministre, le socialiste Elio di Rupo, 60 ans, arbore en permanence un nœud papillon rouge. Une habitude qu’il prend dès 1982, au premier jour de son mandat de conseiller municipal de Mons, dans le Hainaut (centre-ouest), ville dont il est bourgmestre (maire) depuis 2000 et où il inaugurait encore dernièrement une piscine… par un plongeon dans l’eau !

 

Né au sein d’une famille immigrée originaire des Abruzzes, en Italie – il a conservé la valise en bois de leur émigration – il est élevé par sa mère analphabète suite au décès accidentel de son père alors qu’il n’a qu’un an. Il s’en sort grâce à un professeur qui lui donne le goût de l’école et achèvera des études de doctorat en chimie.

Homosexuel ? « Oui. Et alors ? »

Elio di Rupo cumule déjà de nombreuses fonctions politiques lorsque sa carrière faillit se briser en 1996. Le pays se trouve alors au cœur de l’affaire Dutroux, du nom d’un pédophile et meurtrier d’enfants, quand un jeune mythomane accuse l’homme politique d’avoir abusé de lui. Blanchi de toutes les accusations, Elio di Rupo en ressort meurtri, racontant par exemple que la magistrate qui traitait son dossier avait confié à son avocat « il n’est peut-être pas pédophile, mais il est quand même homosexuel ».

S’il en est déjà question dans la presse, il ne sortira réellement du placard qu’en 2001. Il reparle de cet épisode dans son livre d’entretiens avec Francis Van de Woestyne, « Elio Di Rupo. Une vie, une vision », sorti il y a quelques jours. Quand une journaliste lui pose la question « On dit quand même que vous êtes homosexuel ! », il se retourne et lui lance : « Oui. Et alors ? » Celui qui créa également le Festival du Film d’amour de Mons dira plus tard « Aimer et être aimé, c’est quand même ça la grande question d’une vie ».

Question de confiance

Elio Di Rupo devient le premier chef de gouvernement ouvertement gai en Belgique – le premier issu de l’immigration et le premier francophone depuis 1979. Après de longs mois de tractations, il sera parvenu là où plusieurs avaient échoué : former un gouvernement et accorder Wallons, au sud (majoritairement francophones) et Flamands, au nord, (majoritairement néerlandophones) sur des réformes institutionnelles et politiques.

Au total, huit partis forment la coalition, dont six seront effectivement représentés au gouvernement. Néanmoins dans un contexte de crise nationale et économique toujours vif, ce gouvernement n’aura pas la partie facile. Il laisse ainsi dans l’opposition les partis néerlandophones indépendantistes de la NV-A et du Vlaams Belang, majoritaires en Flandre. Seuls 29 % des Flamands font confiance au nouveau Premier Ministre, contre 69 % des Wallons et 58 % des Bruxellois.

Crédits photo: Parti socialiste.