Toronto : le queer se porte bien à l’Ouest

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LE SOLDAT GLADSTONE SAUVÉ

Longtemps, l’hôtel Gladstone (1214 Queen Street), magnifique monument architectural de style victorien, a été laissé à l’abandon, se détériorant lentement aux côtés des lave-autos décrépits du West End, quartier plutôt douteux à l’époque. Or, à partir de 2003, les rénovations dont a bénéficié ce bâtiment, vieux de 120 ans, ont mené à la revitalisation de tout le quartier. Tout cela grâce à la cinéaste primée et ouvertement queer, Christina Zeidler

Cette dernière avoue qu’elle n’avait pas prévu devenir propriétaire du Gladstone qui a rouvert en 2005 ; en fait, elle prétend être devenue hôtelière « par accident ». Elle a néanmoins tenu à ce que le Gladstone maintienne une orientation communautaire.

L’hôtel est même devenu un lieu de rencontre central pour la communauté queer du West End. On y organise souvent des événements qui vont des Granny Boots – un cabaret– jusqu’à des manifestations artistiques. L’endroit est aussi populaire pour les réceptions de mariage de couples de même sexe.

UN CASTOR REVAMPÉ

Les propriétaires annoncent la couleur quand ils parlent de la clientèle de l’alternatif Beaver : « les plus excitants parmi les rockeurs punk, les photographes, les artistes fifs, les performeurs innovants, les ours, les butches et les beautés ».

Alors que les queer de Toronto ont investi les lieux depuis quelques années, les habitués de l’établissement doivent beaucoup au regretté au Will Munro. Décédé en 2010, cet entrepreneur (avec son associée Lynn McNeill) a opéré, en 2006, une refonte de l’établissement.

De simple café, le Beaver est alors devenu un rendez-vous pour les amateurs de musique et de fête. Les DJs se succèdent chaque soir de la semaine, donnant au 1192 Queen street Toronto une ambiance tour à tour rock, électro et dance. Pour ceux qui cherchent plus de calme, pas de crainte : les déjeuners au petit matin, ainsi que les salades et autres paninis du midi gardent, aujourd’hui encore, toute leur place.

LE WRONGBAR A VU JUSTE

Depuis sa création en 2007, le Wrongbar est considéré comme l’une des meilleures places pour sortir à Toronto. De l’avis de beaucoup, il a également réveillé le monde de la nuit à Parkdale.

Si, au départ, l’établissement (1279 Queen Street) de Nav Sangha et Chris Harper (deux DJs) s’adressait davantage aux lesbiennes, la diversité est aujourd’hui de mise. Les quelques hétéros qui traînent dans le coin sont d’ailleurs décrits par la presse locale comme « bien élevés ». Que demander de plus ?

Plus concrètement, ce sont des hipsters, surtout des jeunes âgés entre 20 et 30 ans, qui se donnent ainsi rendez-vous au cours des nombreuses soirées organisées par l’établissement. Parmi celles-ci, le tellement queer Big Primpin a pris des allures d’incontournable, depuis plusieurs années, dans une ambiance bon enfant « hip hop avec des moments chauds pour les “homos”, leurs amis et leurs admirateurs ».

Crédits photo : Tyrone Warner.