La peau que j’habite : mélodrame hitchcockien

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Le docteur Robert Ledgard vient de mettre au point une peau synthétique qui pourrait être une révolution scientifique. Il a pu tester son invention sur Vera, un cobaye vivant mais enfermé dans sa maison. La seule à connaître l’identité de Vera est Marilia, la bonne du docteur, qui a toujours travaillé pour sa famille. L’arrivée du fils de celle-ci viendra bouleverser le cours des choses et permettra aux secrets d’émerger.

Adapté du roman Mygale de l’écrivain Thierry Jonquet, La piel que habito pousse le spectateur dans la confusion pour mieux le manipuler au fil du récit. Fidèle à sa légende, le réalisateur espagnol propose un film esthétiquement fort réussi. Avec un thriller évoquant un film d’Alfred Hitchcock, il poursuit une démarche plus sombre et froide qu’à son habitude.

Retrouvailles avec Antonio Banderas

Sa brillante réflexion sur la peau s’étend jusque dans les moindres éléments du film: la boutique de vêtements où travaille le jeune Vicente, les tableaux de nu ornant la demeure du docteur, l’accident de la femme de ce dernier qui la laisse entièrement déformée par les brûlures… Cette attention aux détails est notable aussi sur le plan scénaristique où le récit, au premier abord complexe et confus, se clarifie au fil du temps.

Pour la première fois depuis 20 ans, Pedro Almodovar renoue avec Antonio Banderas avec qui il n’avait pas collaboré depuis Attache-moi en 1989. L’acteur offre ici une solide performance, parfaitement accompagné par Marisa Paderes et Elena Anaya.

« La peau reflète souvent nos états d’âme, mais la peau n’est pas l’âme », a expliqué le cinéaste à propos de son film. Avec La peau que j’habite, il offre une œuvre à la peau lisse et parfaite. Cependant, cette perfection ne possède pas un âme aussi riche que certains de ses films précédents.