États-Unis : l’homophobie scolaire « à l’agenda » politique

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Sénat Michigan homophobie scolaire

Dernièrement, c’est l’agression homophobe, filmée et publiée sur Internet, d’un étudiant dans son école de l’Ohio, qui a suscité de nombreuses réactions. De tels comportements, en plus des suicides, comme celui de Jamey Rodemeyer, un jeune gai de 14 ans qui avait diffusé une vidéo It gets better, montrent, si besoin en était, l’importance de se consacrer à ce sujet.

Le Sénat du Michigan discute actuellement une loi qui vise à prévenir le harcèlement scolaire. Problème : non seulement il n’est nulle part fait mention de l’intimidation homophobe, mais elle offre un blanc-seing aux bourreaux en n’interdisant pas le harcèlement exprimé selon des croyances religieuses ou des convictions morales. Pour ajouter l’outrage à l’hypocrisie, ce projet de loi, Matt’s Sage School Law, fait référence à Matt Epling, du nom d’un jeune michiganais qui s’est donné la mort après avoir subi le harcèlement anti-gai de ses camarades de classe.

 

Un choix qui « écœure » la sénatrice démocrate Gretchen Whitmer, qui y voit « une autorisation au harcèlement ». « Cela ne protègera pas les enfants victimes d’intimidation, mais en plus cela les mettra encore plus en danger, en légitimant des excuses pour tourmenter des étudiants. C’est pire que de ne rien faire ». Une représentante d’Equality Michigan, Emily Dievendorf, a pourtant rappelé que « les recherches indiquent clairement que seuls les États listant les causes du harcèlement [dans leur législation] connaissent une diminution de l’intimidation ».

Une loi toujours en attente au fédéral

Le Département d’Éducation de l’État de Virginie occidentale a pour sa part ouvert une consultation publique sur sa nouvelle politique en matière de harcèlement. Si elle était acceptée, l’intimidation sur la base de l’orientation sexuelle et  l’identité de genre serait reconnue dès le 1er juillet 2012. Une ouverture saluée par le groupe des droits civiques Fairness West Virginia mais dénoncée par le  Family Policy Council qui y voit une mesure « dangereuse et coûteuse », préférant que l’on considère l’action même de harceler, non la qualité de la victime.

Parallèlement à ces initiatives, une loi est toujours en attente de discussion devant le Sénat américain. Déposé en mars de cette année par un démocrate et un républicain, le Safe Schools Improvement Act prévoit de demander aux écoles et districts recevant des subventions fédérales d’adopter des codes de conduite spécifiant explicitement l’interdiction de l’intimidation et du harcèlement sur la base de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre. Les écoles seraient également tenues de rapporter leurs données sur les cas de harcèlement au Département de l’éducation américain, qui les présenterait devant le Congrès.

Crédits photo : Steve et Christine / Wikipédia.