Conférence à Montréal : sensibiliser le public à la réalité des aînés LGBT

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Conférence Vivre et vieillir au Québec avec une orientation sexuelle différente gai gay

Êtremag. Quelles raisons vous ont poussé à vous intéresser à la question des aînés LGBT ?

Manuel Mendo. Je suis gai moi-même et j’ai déjà œuvré dans des organismes communautaires. Cette fois, je souhaitais défendre la cause et présenter l’homophobie autrement, montrer quelles conséquences elle peut avoir sur la vie des gens. Je trouvais intéressant d’interroger des personnes de plus de 70 ans, pour qu’elles fassent le bilan de leur vie et montrent comment celle-ci a pu être orientée ou influencée par l’homophobie de leur famille ou collègues de travail.

Êtremag. Quel but recherchez-vous avec cette conférence ?

M.M. Même pour nous les gais, cette thématique-là n’est pas toujours évidente. Je me suis intéressé à la Charte des aînés de la Fondation Émergence, qui est surtout destinée au personnel d’encadrement. Mon travail est complémentaire. J’espère sensibiliser le public, partager avec lui nos impressions, au-delà des classes sociales et d’âge, à travers différents supports : documentaire, site Internet, livre…

Êtremag. Le photographe que vous êtes dit être sensible aux marques laissées dans les corps et les esprits…

M.M. Oui, car comme n’importe quelle personne qui a eu mal, ces gens ont pu connaître la dépression, des tentatives de suicide. Mais si elles n’avaient pas connu tant d’homophobie, ces personnes n’auraient peut-être pas autant souffert. Elles ont été plus souvent hospitalisées, ont consulté plus régulièrement des psychologues. Ce sont des corps qui fatiguent plus tôt, plus vite.

Êtremag. Vous-même, comment espérez-vous vieillir plus tard ?

M.M. Si j’avais 70 ou 80 ans aujourd’hui, je penserais peut-être aux résidences pour personnes âgées LGBT, même si certains trouvent cela dommage d’avoir des établissements spécifiques. Je ne serais pas à l’aise d’être obligé de retourner dans le placard alors que toute ma vie, je me suis battu pour qu’on en sorte. Mais je n’ai pas eu à souffrir d’homophobie, donc, quand j’aurai atteint le 3e âge, j’espère ne pas avoir à me poser la question d’aller ou non dans des résidences réservées pour les LGBT.

Rencontre-débat-échange
Vivre et vieillir au Québec avec une orientation sexuelle différente
Jeudi 3 novembre – à partir de 19h
Centre communautaire des gais et lesbiennes de Montréal (2075, rue Plessis)
Entrée libre

Crédits photo: Tjook.