On a raison de s’indigner

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La crise financière de 2008 a mis cruellement en évidence aux yeux de tous que la logique néo-libérale, qui appelle depuis 30 ans à plus de liberté pour le capital et à moins de réglementation de l’État afin de « stimuler l’économie », ne mène qu’à plus de spéculation, à plus d’enrichissement parasitaire et à l’accroissement conséquent des inégalités sociales.

Confronté au cul de sac de cette logique économique, la même oligarchie qui ne jure que par l’entreprise privée, n’a pas hésité à siphonner l’État à coup de dizaines, voire de centaines de milliards pour éviter la banqueroute de son système financier. Aujourd’hui, elle s’ingénie à refiler encore une fois la facture à la majorité à travers des programmes « d’austérité » où on sabre tous azimuts dans les programmes sociaux.

Cynisme d’une logique

On nous serine depuis des décennies qu’il n’y a pas assez d’argent pour lutter contre l’homophobie, contre le VIH ou contre la pauvreté grandissante qui hante nos rues. Apparemment, il  n’y a aucune limite quand l’oligarchie financière se présente pour braquer la caisse de l’État.

Quelle est l’excuse de nos gouvernants pour accéder à ces demandes illégitimes ? Laisser l’oligarchie financière faire faillite et taxer les riches ne feraient qu’empirer la situation. Or, les scandales qui sont révélés depuis des mois au Québec nous démontrent combien la logique d’enrichissement parasitaire est de plus en plus cynique.

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Dans ce contexte, on a toutes les raisons d’être indigné. On a toutes les raisons de s’inquiéter de l’avenir de nos sociétés dites démocratiques soumises toujours plus aux diktats du grand capital entre les mains de moins d’1% de la population. Surtout quand on voit comment la défense de ce système élitiste vicié, à l’opposé des idéaux démocratiques, repose de plus en plus sur des forces conservatrices qui ont nos libertés démocratiques chèrement acquises dans la mire.

On a raison de s’indigner et de poser de façon urgente la question de fond de la démocratie économique et sociale. Depuis la fin de l’absolutisme royal dans les pays occidentaux avec les révolutions démocratiques, la question a été posée des assises économiques de la démocratie naissante.

Compromis bourgeoisie / aristocratie

La réponse libérale, le capitalisme, n’a jamais été autre chose que le résultat d’un compromis entre la bourgeoisie et l’aristocratie, transférant le pouvoir économique et politique des mains des propriétaires de la terre aux propriétaires du capital, un compromis qui ne remettait pas en cause les fondements de la société patriarcale hiérarchisée, foncièrement opposée à l’idéal démocratique. La lutte qu’il faut encore mener pour nos droits fondamentaux et l’égalité sociale malgré les proclamations des « droits de l’Homme » depuis déjà plus de 200 ans, en constitue la preuve.

Pour faire avancer la démocratie, il est plus que temps de poser la question qui a alors été éludée par le sophisme selon lequel « chacun peut se lancer en affaires ». Quelle doit être la base économique d’une société démocratique ? On ne trouvera pas de réponse en justifiant l’accaparement des bénéfices du travail de tous uniquement par ceux qui détiennent du capital. Comme disait Abraham Lincoln dans son premier message annuel au Congrès il y a 150 ans : « Le capital est seulement le fruit du travail et il n’aurait jamais pu exister si le travail n’avait tout d’abord existé. »

La démocratie ne pourra être préservée qu’en reconnaissant cette simple vérité et en reconnaissant que toute richesse est créée d’abord et avant tout par le travail, manuel, intellectuel et créatif. Il faut changer de paradigme, cesser de réifier le capital et respecter comme valeur économique fondamentale la dignité du travail sous toutes ses formes.

Crédits photo: Cyril Gervais.
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