Le ministre Yves Bolduc favorable aux centres d’injection supervisée

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Le gouvernement Harper souhaitait voir le site d’injection de Vancouver fermé. Mais la plus haute autorité judiciaire du Canada, replaçant le débat sur le terrain de la santé et du droit, et non celui de la morale, a rendu la semaine dernière un important arrêt légitimant Insite. Pour la Cour, le fait de ne pas autoriser Insite à agir, dans le cadre d’une exemption à la loi réglementant certaines drogues et autres substances, constitue une violation de la Charte des Droits et des Libertés.

“Insite a sauvé des vies et a eu un effet bénéfique sur la santé, sans provoquer une hausse des méfaits liés à la consommation de drogues et de la criminalité dans les environs », a ainsi indiqué par écrit dans son arrêt la juge en chef Beverly McLachlin.

Dans un communiqué de presse commun, le Réseau juridique canadien VIH/SIDA, CACTUS Montréal et Harm Reduction International incitaient les décideurs politiques à « passer sans crainte aux actes en réponse aux données probantes, en mettant en œuvre des services de réduction des méfaits imitant ceux fournis par Insite, pour le bien des personnes qui en ont besoin sur leurs territoires respectifs ».

Nécessité « d’un véritable consensus » autour des projets de centres d’injection

Le ministre de la santé Yves Bolduc a d’une certaine manière répondu à cet appel en rencontrant hier les responsables de Cactus et de Point de repères. Il leur a signifié son accord à l’ouverture de sites d’injection supervisée. Le gouvernement du Québec aura toutefois besoin d’une exemption du gouvernement fédéral pour lancer des projets. Les services d’injection supervisée peuvent représenter un outil supplémentaire dans la prise en charge de la clientèle toxicomane, selon le ministre.

Yves Bolduc a toutefois précisé qu’il était nécessaire « d’avoir un véritable consensus autour d’un tel projet ». À Montréal, une Table d’implantation des lieux d’injection supervisée, où siègent des organismes, des commerçants et des résidents, mise en place par la Direction de la santé publique de Montréal, doit rendre un rapport sur l’acceptabilité d’un projet en centre-ville.

Pour autant, le ministre favorise l’implantation de trois ou quatre petits centres, plutôt qu’un grand. Points de repères souhaiterait lui en implanter un dans le quartier Saint-Roch à Québec, zone branchée de la capitale. La Ville s’y dit opposée, arguant qu’il devrait plutôt être installé près d’un milieu hospitalier.

Crédits photo: Stephen Dyrgas.