Rufus Wainwright a charmé la Maison symphonique de Montréal

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L’acoustique de la flambant neuve Maison symphonique était précise et pure. Et si la salle se trouve constituée entièrement de bois clair, rappelant malheureusement la couleur des meubles IKEA, la voix de Rufus a profité de conditions irréprochables pour s’élever tel un autre instrument de l’orchestre.

L’auteur-compositeur-interprète s’est amusé à expérimenter les formules et conventions. Il était comme chez lui. Rufus Wainwirght a notamment interprété les sonnets shakespeariens qu’il a mis en musique, des extraits de Les Nuits d’Été du compositeur français Hector Berlioz, en plus de chansons tirées de son album Want One, des succès de Judy Garland, à commencer par Somewhere Over the Rainbow.

Comme toujours, il a également invité sur scène sa sœur, Martha Wainwright, ainsi que ses tantes et sa cousine à chanter plusieurs chansons. Parmi elles, Entre la jeunesse et la sagesse de la regrettée Kate McGarrigle, la mère du chanteur.

Tout en contrastes

Intitulé Rufus Wainwright Symphonique, le spectacle a joué remarquablement avec les contrastes. Il y avait les queues-de-pie de l’orchestre se mêlant aux jeans du chanteur, le public composé tant de jeunes en espadrilles que de personnes tirées à quatres épingles, Rufus chantant à propos de téléphone cellulaire et de Britney Spears alors qu’un chef d’orchestre s’ébat dans l’air.

Le tout était ponctué, ci et là, par le bruissement des feuilles de musique que l’on tournent. Bonne nouvelle : il est encore possible de voir un spectacle de musique où des gens suivent une partition écrite à la main.

Fidèle à son habitude, Rufus Wainwright a donné diverses instructions à ses fans qui se sont vus signifier quand ils devaient applaudir et quand il fallait rester silencieux. Il y a certes une diva en Rufus, mais c’est toujours sur un ton simple et familier que celui-ci s’est adressé au public pour raconter ses anecdotes ou faire passer ses commentaires blagueurs.

Trous de mémoire

Aujourd’hui, il n’y a que le chanteur montréalais pour oser chanter de l’opéra en tant que musicien pop (le contraire n’est pas rare pourtant) et arrêter un orchestre en pleine envolée alors qu’il ne se rappelle plus des paroles de Judy Garland, pour finir par une plaisanterie : « Ah mais, tu peux faire ça avec le jazz ! » Oui, on lui pardonne ses trous de mémoire (il y en a eu plusieurs), tellement il est attachant.

Une larme, deux heures et trois ovations debouts plus tard, c’est le cœur gonflé – de joie – que l’on a quitté la salle, non sans fredonner les dernières paroles de sa chanson Oh, What a World: Life is Beautiful.

Crédits photo: alterna2.