Allemagne : réélection de Klaus Wowereit, maire ouvertement gai de Berlin

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Klaus Wowereit

Berlin, capitale de l’Allemagne de 3.4 millions d’habitants, est également l’une des trois villes du pays à être un Land (région) à part entière. En arrivant en tête de ces élections, le social-démocrate Klaus Wowereit est quasiment assuré de conserver son mandat de maire et chef du gouvernement régional sortant. Son parti, le SPD, a recueilli 28.6 % des voix. Toutefois, son allié de gauche (Die Linke, 4e avec 11.6 %) et lui sont en perte de vitesse. Une alliance avec les écologistes de Die Grüne, arrivés 3e avec 17.4 % des suffrages, sera nécessaire.

Les démocrates-chrétiens (CDU) de la chancelière fédérale Angela Merkel progressent avec 23.2 % des suffrages. Leur allié au gouvernement, les libéraux du FDP, s’effondrent avec moins de 2% et n’auront aucun député à la chambre de Berlin. Plus anecdotique, le Parti Pirate, mouvement qui prône la démocratie directe sur un Internet libre, obtient pour sa première participation 9% des suffrages.

Berlin, « pauvre mais sexy » ; lui « gai et c’est bien ainsi »

Le charismatique maire de Berlin avait rendu publique son homosexualité en 2001, quelques mois avant sa première élection, par une simple formule : « Je suis gai, et c’est bien ainsi ». Il est en couple avec son compagnon, le neurologue Jörn Kubicki, depuis 18 ans. Ensemble, ils écumaient les soirées berlinoises, ce qui lui donna une image de dilettante dont il eut du mal à se défaire.

C’est par une autre formule qu’il se fait remarquer en 2003, qualifiant sa ville de « pauvre mais sexy ». La ville connaît alors un fort renouveau, réputée pour sa diversité culturelle et pour être l’un des temples européens de la vie nocturne. «Wowereit et cette ville, c’est une bonne combinaison », résumait l’intéressé le mois dernier. Pourtant, si le tourisme progresse dans la ville, elle est toujours aussi endettée et souffre de tensions sociales et de problèmes de circulation.

Pour le quotidien Financial Times Deutschland, cette victoire pose la question de sa candidature à la chancellerie au sein de son parti. Il devra alors s’imposer face à l’ancien ministre des Finances social-démocrate Peer Steinbrück, favori des sondages.

Crédits photo (Flickr) : augustinfotos