Entrevue – Austra: l’étoile montante

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Austra Musique Canada Sparkle

Être. Tout comme Feel it Break, Sparkle a très bien été reçu par le public et l’industrie. Étiez-vous nerveuse à l’idée de produire un album de remixes ?

Katie Stelmanis. Non, nous ne ressentions pas de nervosité – nous aimons la musique qui passe dans les boîtes de nuit et voulions vraiment que les gens puissent aborder notre musique comme quelque chose qui colle à cet environnement. Par ailleurs, tous les producteurs avec qui nous avons travaillé sont immensément talentueux alors je savais que Sparkle recevrait un bel accueil de la part du public !

Être. Sachant que votre groupe a acquis une grande popularité en Europe, est-ce que Sparkle se voulait une manière de rappeler à l’Amérique le caractère incontournable de Feel it Break ?

K. S. Je ne crois pas que Sparkle ait été produit spécifiquement pour l’Amérique ou pour l’Europe. En fait, nous avons réalisé cet album dans le but que les DJs, un peu partout à travers le monde, puissent utiliser notre matériel et faire passer notre musique dans les soirées pour faire danser les gens, tout simplement.

Être. Qu’est-ce signifie pour toi le fait d’être en lice pour le prix Polaris ?

K. S. C’est un grand honneur. Nous avons toujours trouvé difficile le fait de devoir trouver notre place au sein de l’industrie de la musique canadienne et je me sens vraiment fébrile à l’idée que nous soyons maintenant reconnus pour notre travail. Le prix Polaris représente une distinction de haut niveau, garante (en quelque sorte) d’une certaine crédibilité musicale. Les récipiendaires des années antérieures sont tous d’excellents artistes, nous sommes donc très enthousiastes simplement à l’idée de faire partie des groupes nominés pour ce prix.

Être. Les hommes hétérosexuels composent majoritairement le milieu de la musique indépendante. En tant que femme lesbienne ayant une formation de chanteuse d’opéra, comment es-tu arrivée à faire ta place ?

K. S. Je crois que l’ère du temps dans le milieu de la musique est très favorable aux femmes. Le public adore les stars de la pop et les grandes voix féminines. Il y a tout juste cinq ans, je n’aurais jamais pu imaginer que des artistes comme Florence Welch, Zola Jesus et Adele deviennent aussi populaires. Ces derniers temps, on dirait que les gens n’écoutent que ça. Ça fonctionne bien pour moi aussi, je crois !

Être. Plusieurs artistes souhaitent taire leur orientation sexuelle, croyant que le public et les médias ne s’intéresseront à eux qu’en raison de cet aspect de leur vie et non plus pour leur musique ou leur art. Quelle est ton opinion à ce sujet ? Crains-tu qu’Austra soit étiqueté comme un « groupe de lesbiennes » ?

K. S. Je n’ai pas peur qu’Austra soit étiqueté comme un « groupe de lesbiennes » parce que je crois que nous avons assez de crédibilité, musicalement parlant, ce qui nous permet de penser que la question de l’orientation sexuelle ne déclassera jamais notre travail en termes d’importance. Je parle ouvertement de ma sexualité parce que beaucoup de gens dans le monde ont besoin d’en entendre parler. Ces personnes se disent d’ailleurs généralement très reconnaissantes que je sois ouverte à ce sujet. Jusqu’à ce jour, personne ne semble vraiment se soucier de mon orientation comme d’un problème, donc je crois que je fais le bon choix.

Être. Quels sont les futurs projets du groupe ?

K. S. De la tournée, beaucoup de tournées, en Europe, aux États-Unis et aussi bientôt en Australie.

Crédits photo: Norman Wong.