Les fuckfriends, vous connaissez ?

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Fuckfriend gay diversité sexuelle

Peu de gens peuvent se targuer de ne jamais avoir vécu ce genre de relation où l’on se sent indisponible émotionnellement, mais où il y a du plaisir et du sexe sans trop de questionnements. Pour certains, c’est passager, pour d’autres, c’est permanent.

Mais qu’est-ce qui motive l’adoption d’un tel style de vie ? Les aléas d’une vie sociale trop remplie qu’on ne souhaite pas délaisser, le constant besoin de liberté, la conscience de devoir effectuer un travail sur soi avant de pouvoir entrer véritablement en relation, la peur de l’attachement, les problèmes de jalousie ou encore la crainte de se faire « jeter » ? Ou peut-être est-ce tout simplement une perspective différente sur les possibilités infinies de vivre sa vie amoureuse, affective et sexuelle ?

Dans le but d’élucider le mystère – même juste un peu –, on a parlé avec quatre messieurs qui ont vécu, vivent actuellement, voudraient vivre ou ne veulent absolument rien savoir de ce type de relation. Au passage, soulignons qu’il nous a été impossible de trouver une fille concernée par le sujet. Leur absence démontrerait-elle que ce phénomène est une invention toute masculine ? Probablement pas. Mais alors, où se cachent-elles ? On ne saurait dire…

TÉMOIGNAGES:

Il l’a vécu – Nathan, 28 ans, musicien

« Depuis mes 20 ans, j’ai eu quelques relations, mais jamais rien de très sérieux. En fait, j’ai été surtout célibataire… mais aujourd’hui, c’est différent : je suis en couple depuis quelques mois… Mes expériences passées avec des fuckfriends ont toujours été celles de belles relations d’amitié, spontanées et naturelles, à travers lesquelles on a fini par développer une intimité et une affection un peu plus complexes. On ne se posait pas trop de questions, il y avait simplement des tensions à évacuer, même si ça n’était ni amoureux ni passionné. Pour le reste, j’ai de la difficulté à concevoir qu’on puisse appeler un gars strictement pour baiser. Personnellement, j’ai besoin d’avoir des affinités avec quelqu’un pour être allumé ».

Il le vit… – Sébastien, 24 ans, étudiant en communications

« Après avoir essayé différents types de relation et vécu plusieurs déceptions amoureuses, je me suis promis que je ne serais plus jamais en couple. Ça ne marche jamais, tout simplement. Quand j’étais avec quelqu’un, je devenais jaloux et possessif, et je n’aimais vraiment pas ça. Ça fait ressortir un côté de moi sur lequel j’ai besoin de travailler, j’en suis conscient, même si je ne suis pas encore rendu à cette étape de ma vie. Mais même en sachant cela, c’est sûr que je ne suis pas le genre de gars qui prévoit se marier et avoir des enfants. Au contraire, je suis beaucoup mieux seul, c’est plus simple et je suis plus libre. Pour le moment, j’ai trois fuckfriends réguliers et c’est parfait pour combler mes besoins affectifs et sexuels ».

Il le recherche… – Simon, 30 ans, auxiliaire de recherche et étudiant en urbanisme

« Avant, j’étais un gars de relation qui croyait à la construction d’une connivence entre deux personnes, mais je me suis rendu compte que je me retrouvais toujours dans des relations de soutien, où l’autre avait besoin que je l’aide. Pourtant, je suis plutôt indépendant de nature, donc ça ne me convient pas du tout ! J’ai un horaire super chargé et je me sens coupable dès que je n’ai pas assez de temps à consacrer à mon copain, à mes amis ou à mes études. Malgré ça, avec les « one night » et les « walk of shame » (le fameux trajet de retour à la maison où, encore amoché de la veille, on a l’expression One Night peinte sur le visage…), j’ai aussi donné… C’est pourquoi un fuckfriend devient la solution idéale. Je pourrai en retirer du sexe, de la chaleur humaine, des conversations aussi intéressantes qu’avec un bon ami, sans toutefois me sentir coupable si je n’ai pas de temps à consacrer à cette personne. Ainsi, chacun respecte la « liberté » de l’autre tout en recevant de l’affection et sans avoir à tout recommencer chaque fois ».

Il n’en veut pas… – Marc-André, 26 ans, étudiant au doctorat en sociologie

« J’ai connu quelques brèves relations avant de rencontrer le gars avec qui je suis depuis environ dix ans. Personnellement, je ne suis pas d’avis que le fait d’être en couple brime la liberté. Je crois plutôt que les deux peuvent se conjuguer et que ça fait partie de ce qui est intéressant à développer avec quelqu’un. Avoir un fuckfriend, si ce n’est vraiment que pour du sexe pendant une certaine période de temps, ça peut être bien, mais ça me paraît plutôt limité sur le long terme. Même si on peut en retirer de l’affection, j’ai l’impression que ça devient comme un no man’s land affectif : t’as des affinités, mais tu ne peux pas vraiment les développer parce que le fuckfriend ne deviendra pas un chum, c’est la base même de ce type de relation ».

Crédits photo: drubuntu.