Gais et don du sang : ça bouge en Europe, mais au Canada ?

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Don du sang Royaume Uni Canada

L’interdiction avait été introduite au Royaume-Uni au début des années 1980, en réponse à l’apparition de l’épidémie du VIH/SIDA. Les ministres de la santé de l’Angleterre, de l’Écosse et du Pays de Galles ont décidé le 8 septembre d’autoriser les hommes qui n’auraient pas eu de rapports sexuels avec d’autres hommes depuis un an à donner leur sang. Une décision qui demeure toutefois discriminante par rapport aux conditions exigées pour les personnes hétérosexuelles.

Citée par la BBC, la professeure Deirdre Kelly, membre de la Commission consultative sur la sécurité du sang, des tissus et des organes pour le gouvernement britannique, a précisé que toute restriction « devait être fondée sur les dernières preuves scientifiques ». Elle a également affirmé que la sécurité de l’approvisionnement du sang était « absolument essentielle ».

Côté canadien, la nouvelle n’a en tout cas pas tardé à faire réagir. La docteure Dana Devine, vice-présidente aux affaires médicales, scientifiques et de recherche de la société canadienne du sang, interrogée par le quotidien montréalais La Gazette, a de son côté indiqué que l’organisme était en train d’étudier un possible changement dans sa politique d’interdiction datant de 1977, saluant la décision britannique comme un progrès.

Mise en garde de la Commission européenne

Peu avant l’annonce du 8 septembre, la Commission européenne, par la voix de son Commissaire chargé de la santé et de la politique des consommateurs, le Maltais John Dalli, mettait en garde les 27 États-membres contre les discriminations sur l’orientation sexuelle en matière de don du sang.

Répondant à une question posée par deux eurodéputés britanniques, dont Michael Cashman, cofondateur de l’organisme Stonewall, John Dalli confirmait que la législation européenne prévoyait d’écarter du don du sang ceux dont la conduite sexuelle les placent devant «un haut risque de graves maladies infectieuses». Cependant, il précisait que « les comportements sexuels » n’équivalaient pas à « l’orientation sexuelle ».

La précision va dans le sens de l’argumentation des associations qui militent pour le droit des homosexuels et des bisexuels à donner leur sang.

Crédits photo: Adam Piotrowski.