Suède : une école bouscule l’identité et le genre

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À Egalia, les professeurs n’emploient plus les pronoms « il » ou « elle » lorsqu’ils s’adressent aux enfants. Ils interpellent plutôt ces derniers par l’emploi de « mes amis », du pronom neutre « hen » (emprunté du finnois) ou plus simplement par leurs prénoms respectifs.

Mais ce n’est pas tout : la bibliothèque de l’école a également été soigneusement choisie pour n’avoir que des livres « neutres » où les récits traditionnels à la Cendrillon n’ont plus leur place sur les tablettes. Désormais, on y trouve plutôt des histoires de girafes qui adoptent un crocodile.

Egalia va-t-elle trop loin ?

Pour les jouets, toujours les mêmes : poupées, camions, etc. En revanche, ils seront disposés côte à côte, de façon à encourager les enfants à prendre ce qui leur plaît vraiement. Si un garçon a envie de jouer à la poupée, il peut le faire, sans discrimination, et vice versa pour les filles.

Du fait de cette initiative, la Suède, pays souvent considéré comme l’un des plus égalitaires au monde, reçoit dernièrement un certaine nombre de critiques qui lui reprochent de pousser la lutte des genres un peu trop loin. De son côté, ans une entrevue accordée à la BBC, Lotta Rajalin,  directrice d’Egalia, dit vouloir donner une vue du monde plus élargie à ces enfants.

Longue liste d’attente

Selon elle, les enfants connaissent leurs sexes. Par conséquent, la différence biologique des genres n’est pas remise en question. C’est l’aspect social qui l’est.

Chez les psychologues pour enfants, les avis sont mitigés. Linda Blair, une spécialiste britannique, dit ainsi comprendre le bien fondé de l’entreprise. Néanmoins, selon elle, ces enfants de cet âge, en quête d’identité à un moment sexe y prend une place indubitable, ont besoin de repères.

Pour Philip Hwang, professeur de psychologie à l’université de Göteborg en Suède, l’initiative d’Egalia est au bas mot « naïve ». Celui qui a effectué des études sur le développement de l’enfant tient à préciser que des changements aussi importants sur la façon de voir et de faire d’une société, prendront plusieurs générations avant d’être vraiment intégrés, alors que l’école Egalia, financée par l’État, affiche déjà une longue liste d’attente.

Crédits photo: jemsweb.