Danniel Oickle et C.C. Trubiak: rendre plus queer Ottawa

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Danniel Oickle et C.C. Trubiak  queer Ottawa

Le nouvel album électro-poétique (autoproduit) de Danniel Oickle, Poison Apples and Other Delicacies, est une apothéose très queer venue après des années d’écoute de musique électro, où l’on se demandait toujours pourquoi ses paroles ne pouvaient pas être aussi poétiques que ne l’est le son. S’inspirant d’un trio de chanteuses comprenant Tori Amos, Sinead O’Connor et Annie Lennox, l’artiste s’est investi personnellement pour accoucher d’un album qui aborde à la fois des thèmes religieux, sexuels et psychologiques.

« Tout ce que j’écris repose sur l’idée que je vis avec un homme. Going Nowhere a été écrite sur un homme et Caring & Hate a des références au bondage et discipline SM », explique Danniel Oickle. Comme gamin de militaire qui est désormais marié avec un autre militaire (quelle histoire!), ce dernier avoue aimer faire partager sa flamboyance, même s’il ne se promène pas maquillé comme David Bowie ou en pantalons de cuir sur York Street.

Triple péché capital

Selon lui, à Ottawa, « les gens n’aiment pas trop tout ce qui est démonstratif. Ils ont envie d’aller voir quelque chose au théâtre de dérangeant, mais ils ne désirent pas le voir au coin de leur rue ». Tout en rappelant qu’il y a beaucoup de gens cultivés dans la capitale malgré les salariés bureaucrates « à détruire », il évoque une division entre spectateurs et créateurs qui se maintient fortement. « Je crois qu’Ottawa a besoin de gens pour alimenter son monde culturel. Les habitants ne sont ici que parce qu’ils doivent y être en raison de leur emploi gouvernemental ».

Au final, Danniel Oickle comme C.C. Trubiak estiment qu’Ottawa doit faire face à un triple péché capital : son conservatisme anglo-canadien, la forme ville-gouvernement (tout le monde travaille à 8h30) et sa proximité avec Montréal, historiquement plus vibrante.

Toutefois, la ville commence à avoir des personnalités artistiques queers qui s’investissent. Danniel Oickle nous parle ici du groupe queer 613 les Peptides, de l’homme de scène Jessie Reynolds, de son pote C.C Trubiak et bien sûr du galeriste couillu Guy Bérubé.

Ces derniers jours, Danniel profite de son temps libre avant la tournée prévue cet automne. « Le spectacle s’articule autour d’une série de thèmes touchant au péché, avec des costumes recherchés faisant référence aux dieux païens », indique C.C. Trubiak qui viendra épauler son ami sur scène. Des remixes de l’album seront réalisés pour chaque spectacle, ce qui donnera lieu au minimum à une expo dans une galerie un peu plus tard à la fin de l’année. À l’image du queerissime spectacle de Rufus Wainwright, Songs for Lulu,  Danniel Oickle aimerait commencer sur un ton baroque et finir doucement seul avec le piano, minimisant également les sujets, pour aller du plus grandiose au plus personnel.

Crédits photo : Dan Ziemkiewics.
Photos prises à Kinki Sushi kinki.ca