Présidentielle irlandaise : le candidat gai jette l’éponge

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David Norris

Des marches de sa demeure à Dublin, David Norris a improvisé une conférence de presse le 2 août afin d’annoncer la fin de sa campagne. Il concède ainsi les dommages énormes et irréversibles causés par une succession de révélations controversées à son égard.

Il y a d’abord eu une émission de radio qui a repris une entrevue accordée par Norris en 2002 au magazine Magill. Ce dernier y affirmait n’éprouver « aucune attirance envers des enfants […] mais quand on parle de pédophilie dans l’Antiquité, quand un homme plus âgé emmène un homme plus jeune vers l’âge adulte, là, on peut discuter ». Il poursuivait ensuite dans le même sens : « En étant plus jeune, j’aurais vraiment apprécié qu’un homme plus mûr, plus âgé et séduisant me prenne sous son aile et m’enseigne avec tendresse ce qu’est la sexualité ».

Un ami bien embarrassant

Pas besoin de préciser que l’affaire a éclaboussé la campagne de Norris, même si ce dernier a tenté d’expliquer que ces propos étaient repris hors de leur contexte. Mais la véritable controverse a débuté alors qu’une deuxième série de révélations a fait écho à ce premier faux pas.

En effet, la fin de semaine dernière, un bloggeur londonien d’origine irlandaise a attiré l’attention de la presse concernant une lettre datée de 1997 que Norris avait envoyée à la justice israélienne. Il y demandait la clémence pour son ex-conjoint, Ezra Yizhak Nawi, jugé coupable du viol d’un palestinien de 15 ans.

Lors du point de presse tenu devant chez lui, Norris est revenu sur ces évènements. « Je ne regrette pas d’avoir soutenu un ami et demandé la clémence pour lui, mais je regrette d’avoir donné l’impression que je n’avais pas de compassion pour la victime d’Ezra », a-t-il indiqué.

Le sénateur a ensuite expliqué son choix de renoncer à sa campagne : « Le comportement disgracieux d’Ezra Nawi m’a personnellement éclaboussé et menace maintenant de contaminer d’autres gens proches de moi, que ce soit dans ma vie personnelle ou ma carrière politique. Il est essentiel que j’agisse de manière responsable afin de mettre fin à cela. »

Lâché par les parlementaires

Ouvertement gai, Norris a tout de même tenu à faire le point sur le chemin parcouru. «J’ai démontré qu’il est désormais possible pour une personne homo d’être considéré comme un candidat viable à la plus haute fonction de l’État », a-t-il ajouté, tout en étant conscient que sa carrière politique est elle bel et bien terminée.

À noter que le soutien de 20 parlementaires est nécessaire afin de pouvoir se présenter aux élections présidentielles d’Irlande. Exigence désormais quasi-impossible à remplir pour Norris qui a vu ses appuis fondre en masse alors même que les plus récents sondages le consacraient déjà président.

Crédits photo : flickr.com/photos/stephmouss