Starbuck: paternité extrême

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starbuck Patrick Huard critique

Starbuck ou le récit d’un éternel adolescent, David Wosniak (Patrick Huard), qui apprend un jour que ses dons de sperme à une clinique d’insémination artificielle ont donné naissance à 533 enfants. Une centaine d’entre eux se sont réunis en recours collectif pour faire lever la close de confidentialité du donneur.

On lui remet une enveloppe contenant le profil des enfants du recours que le nouveau papa s’empresse de jeter. La curiosité l’emporte cependant et il se met à rencontrer, un à un, les fruits de sa semence synonymes d’heureuses découvertes – un joueur de soccer professionnel, un jeune acteur décrochant le rôle de sa vie – d’autres plus étonnantes – un « emo » manipulateur, un bisexuel qui multiplie les amoureux – mais aussi de plus sombre surprises avec la rencontre de sa fille toxicomane, et d’un fils lourdement handicapé. Le contact avec ses enfants lui donnera l’idée farfelue de devenir à leur insu leur ange gardien et de veiller sur eux.

Scénario rafraîchissant

Le film de Ken Scott se distingue des autres comédies d’été à plusieurs niveaux. Sa force principale vient indéniablement de l’écriture dynamique et franchement drôle de Ken Scott et Martin Petit qui consignent ce scénario rafraîchissant. Leurs dialogues habiles ne tombent jamais dans la facilité et se permettent une audace qu’on ne retrouve pas assez dans les comédies québécoises.

Une autre force du film réside dans sa mise en image. Montréal y est magnifiquement filmé. Le montage et la photographie donnent au film une personnalité distincte qui rappelle que Ken Scott  n’est pas qu’un scénariste, mais bien un véritable réalisateur.

Pas sans défauts

On ne peut évidemment pas passer à côté de la qualité de l’interprétation. Patrick Huard, qui nous a maintes fois prouvé qu’il était un acteur sensible, démontre une fois de plus l’étendue de son registre. Julie Le Breton est drôle et touchante dans son rôle de copine enceinte frôlant parfois l’hystérie. Antoine Bertrand a certainement quelques-unes des meilleures répliques du film en avocat de bas étage. S’ajoutent à eux des dizaines de jeunes acteurs talentueux personnifiant les enfants de Wosniak.

Le film n’est pas sans défauts. On peut lui reprocher certaines invraisemblances au niveau de l’histoire, dans la façon qu’a le héros de se lier à certains de ses enfants par exemple ou dans la temporalité parfois confuse. Certains seront peut-être agacés par une surabondance de segments musicaux, mais ces faiblesses sont négligeables et n’empêcheront certainement pas le spectateur d’être amusé et ému par cette histoire touchante de paternité extrême. Starbuck est un film à voir qui va peut-être réconcilier les cinéphiles avec le cinéma d’été et le grand public parfois frileux devant les productions de notre cinéma national.