Italie: une loi contre l’homophobie de nouveau rejetée

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«Les homosexuels sont des citoyens comme les autres. Nous ne voulons pas d’une législation qui différencie les individus devant la loi… ce qui est d’ailleurs inconstitutionnel.» C’est par ses mots que Fabrizio Cicchitto, député du Peuple de la liberté (majoritaire au Parlement), parti de droite aux mains de Silvio Berlusconi, a justifié le rejet du projet de loi contre l’homophobie, le 26 juillet.

Le texte était présenté pour la seconde fois aux députés italiens, après un premier échec en 2009. Défendu par la gauche, il prévoit notamment des sanctions contre les gestes, actions et propos homophobes.

Appel à l’Union européenne

Cas presque unique en Europe, l’Italie ne possède toujours pas de loi condamnant formellement la discrimination contre les gais, les lesbiennes et les trans. Plus grave encore, le pays fait face, ces derniers mois, à une recrudescence des agressions visant les GLBT.

Le président du Conseil lui-même a apporté sa pierre à ce triste édifice. En 2010, au moment où il s’est retrouvé au centre d’une affaire de mœurs impliquant une prostituée mineure, Silvio Berlusconi affirmait qu’il valait mieux «être passionné par les jolies filles qu’être gai».

Arcigay, principale association GLBT en Italie, n’a pas tardé à réagir suite au rejet du texte. «Ce parlement a décidé de trahir la justice et soutenir la violence», a déclaré  son président, Paolo Patanè. Ce dernier en appelle désormais à l’Union européenne qui doit apporter son aide à la communauté «face à cette augmentation extrêmement dangereuse de l’homophobie, de la xénophobie et du racisme que le parlement italien a décidé de légitimer».

Crédits photo: Simone Ramella.