Quand les Indiens changent le sexe de leur(s) enfant(s)…

Par  |  Aucun commentaire

Inde changement de sexe enfants

Selon un récent article paru dans le New York Times, parmi les enfants indiens de moins de 6 ans, on retrouve 914 filles pour 1000 garçons, proportion jamais vue depuis 1947. Cette baisse du nombre de filles peut-être attribué à des pratiques douteuses de plus en plus répandues dans le pays.

Puisque les garçons sont culturellement valorisés, un nombre croissant de familles aisées choisissent d’avorter quand il s’agit d’une fille et de garder l’enfant quand c’est un garçon, selon un procédé d’avortement sélectif rendu possible grâce à l’utilisation d’ultrason.

Recours à la génitoplastie

Même le recours à la chirurgie pour modifier le sexe de l’enfant a fait son entrée, il y a peu, dans les familles indiennes de classe moyenne. La génitoplastie  est une opération assez courante, autant en Amérique du Nord qu’ailleurs. Elle est généralement réservée aux enfants dont les organes génitaux externes sont ambigus ou ne correspondent pas à leurs organes reproducteurs. Les parents doivent alors choisir quel sexe sera attribué à l’enfant, souvent en fonction de ses organes internes, et la chirurgie reconstruira son appareil génital.

Or, en Inde, puisqu’aucune législation n’est en place, plusieurs chirurgiens affiliés à des hôpitaux de renom pratiquent ces opérations sur des filles normalement constituées afin d’en faire des garçons qui seront presque toujours stériles, avec pour seule condition, le consentement des parents.

Charcutage

Le chef de Madhya Pradesh, état du centre du pays, a exigé une enquête suite à un reportage qui a révélé que des centaines d’enfants subissaient des génitoplasties injustifiées chaque année. Près de 300 enfants âgés de moins de 5 ans auraient subi des changements de sexe dans la seule ville d’Indore, pour ensuite suivre un traitement hormonal. La procédure couterait environ 3.200 $ et attirerait plusieurs parents d’un peu partout au pays.

Suite à ces nouvelles informations, le gouvernement indien tente de former un comité de professionnels de la santé chargé d’examiner les demandes de génitoplastie cas par cas, afin d’éviter l’abus et de limiter l’impact négatif sur ces enfants dont on charcute les parties génitales pour des raisons financières et culturelles.

Crédits photo: mckaysavage.