Inde: pour le ministre de la Santé, l’homosexualité est une maladie

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Ghulam Nabi Azad gay AIDS

Un festival homophobe ! Le ministre de la Santé indien a enchaîné les propos anit-gais, le 4 juillet, à New Delhi, lors d’une conférence sur le VIH/Sida. Ghulam Nabi Azad, a ainsi décrit l’homosexualité comme une « maladie qui vient d’autres pays. […] Même si ce n’est pas naturel cela existe désormais [en Inde] et c’est en train de se répandre rapidement ».

Selon le ministre, « alors qu’il est facile de repérer des travailleuses du sexe et de les éduquer sur le sex, c’est un vrai défi d’identifier des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes ».

Propos sortis du contexte ?

Le Premier ministre indien était présent lors de la conférence mais il aurait déjà quitté les lieux au moment où ces propos qui font aujourd’hui scandale ont été tenus. Une porte-parole du ministère de la Santé a ces dernières heures affirmé que ces déclarations avaient été sorties de leur contexte. Selon Shefali Sharan, le mot « maladie » s’appliquait au VIH/Sida et non à l’homosexualité.

Reste que pour le militant gai Mohnish Kabir Malhotra, membre du comité organisateur de la fierté queer de New Delhi, le ministre « doit s’excuser immédiatement. L’homosexualité fait partie intégrante de la nature [….] Dire qu’elle n’est pas naturelle est absurde ».

« Sur une autre planète »

Les Nations Unies ont également dénoncé ces insultes, par l’intermédiaire de son rapporteur spécial dans le domaine de la santé. Anand Grover a qualifié « de malheureuse, regrettable et totalement inappropriée » l’attitude du ministre. « Il vit sur une autre planète. […] J’espère que cela ne nous ramènera pas dix ans en arrière », a indiqué, de son côté, Anjali Gopalan, qui dirige la campagne de lutte contre le VIH/Sida de l’association indienne The Naz Foundation.

Cette polémique apparaît alors que l’on a célébré, le 2 juillet, les deux de la dépénalisation de l’homosexualité par la justice indienne. Avant l’été 2009, les relations intimes entre personnes de même sexe pouvaient être passibles de dix ans d’emprisonnement.

Ci-dessous un reportage de la télévision indienne NDTV:


Homosexuality 'unnatural' & a 'disease': Ghulam… par ndtv