FIMA / Quartier des spectacles: la polémique

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FIMA et le Quartier des spectacles

Être. Comment cette polémique avec le Quartier des spectacles a-t-elle débuté ?

Stéphane Mabilais. Pour cette édition 2011, nous avions l’envie – et aussi la nécessité car nous avons besoin de place – d’utiliser le parc Émilie-Gamelin, à l’extrémité du Village. Le lieu est désormais géré par l’équipe du Partenariat du Quartier des spectacles et non plus par l’arrondissement de Ville-Marie. J’ai donc fait une demande pour que ma programmation, pour le volet non-commercial seulement, puisse se dérouler dans ce parc. Le Quartier des Spectacles a refusé, pour des raisons absolument infondées et injustes.

Être. C’est-à-dire ?

S.M. Dans sa lettre du 9 décembre 2010, la responsable à la programme m’a expliqué que « l’événement comportait une dimension de promotion commerciale » que le PQDS ne peut endosser ». Or, l’aspect commercial du FIMA ne devait pas se dérouler sur la place. De plus, la Foire Papier, événement ouvertement commercial, a eu pour sa part une autorisation. L’arrondissement m’a signalé qu’ils avaient loué un terrain privé placé sur l’emplacement du Quartier des spectacles. Mais on pouvait voir des publicités de l’événement dans le parc lui-même. Bref, les explications du PQDS ne sont pas valables.

Être. Vous avez envoyé une nouvelle lettre pour faire ces remarques. N’a-t-il pas été possible de trouver une entente ?

S.M. Non. La même personne m’a de nouveau écrit, pour me signifier d’une part que son équipe savait de quoi elle parlait. D’autre part, elle a expliqué que mon projet «ne rencontre pas les exigences pas les exigences déterminées par l’arrondissement Ville-Marie puisqu’il se déroule sur plusieurs jours, exige l’installation d’une scène », ce qui est faux. Surtout, je n’ai jamais reçu de réponse précise concernant mes arguments qui démontaient les premières raisons avancées. Je ne parle même pas de la condescendance de leur réponse.

Être. Condescendance ?

S.M. Dans ma première réponse, j’expliquais que certaines de nos performances se faisaient « en collaboration avec la Société des arts technologiques (SAT) ». En réponse nous avons eu le droit à un « nous avons été informés qu’il s’agit de la participation d’artistes œuvrant à la SAT plutôt que l’institution elle-même ». C’est insultant. Ce sont les artistes qui font la SAT et pas autre chose. Certains d’entre eux ont appris cela et n’ont pas été très contents.

Être. Au final, quelles raisons poussent selon vous le PQS à refuser votre demande ?

S.M. Ils sont un peu en train de s’approprier le quartier. Ils ont leurs événements préférés, souvent des «gros », et rejettent du coup les projets des petites organisations. Nous ne sommes pas les seuls dans ce cas. On ne verrait jamais ça à Toronto, par exemple. C’est quand même dommage de faire cela à une équipe qui est là depuis douze ans comme nous. C’est envoyer un message du type « Vous les artistes, allez vendre ailleurs ».

Important: Contactés, les responsables du Quartier des spectacles nient toute décision partiale et réaffirment avoir pris cette décision selon les règlements qu’ils ont mis en place.