Christian Chavez, la voie de la liberté

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Christian Chavez LIbertad Interview

RG. Est-ce que la chanson Libertad paraîtra sur un album à venir ?

Christian Chavez. Oui ! J’ai déménagé à Los Angeles il y a trois mois pour travailler sur mon prochain album. Libertad donne au public un avant-goût de ce qu’il va découvrir. J’adore la musique pop, je suis une bête de scène. J’adore divertir les foules, danser et chanter en utilisant toute l’énergie qui me vient du public. Je me vois mal simplement m’asseoir avec une guitare ou un piano. Ça ne me ressemble pas.

RG. Votre dernier album enregistré en studio, Almas Transparentes, était surtout composé de ballades. Trouvez-vous que cet album ne vous représentait pas complètement ?

CC. J’étais avec la compagnie de disque EMI pour mon premier album solo. Je les ai laissés me guider, me conseiller. Je peux maintenant dire que c’était une erreur parce que, en tant qu’artiste, on doit se sentir créativement libre. C’est moi, il y a un an, qui ai écrit Libertad, en collaboration avec un membre du groupe Camila. Je souhaitais à l’époque qu’elle intègre le premier album, mais la compagnie de disque a refusé. Maintenant, j’ai mes propres idées, et je ne laisserai plus personne me dicter quoi faire ou ne pas faire.

RG. Votre dernier vidéoclip est audacieux. D’où vous viennent les idées pour ce genre de réalisation ?

CC. Je souhaitais en faire une ode à la liberté. C’est avec le réalisateur californien Max Gutiérrez que j’ai travaillé. Nous avions envie de raconter l’histoire de ce garçon qui commence sa vie, qui est en quête d’identité, qui doit vivre plusieurs expériences, bonnes comme mauvaises. Je commence la vidéo avec une séquence de confession à l’église parce que j’ai été élevé dans une famille catholique.

Je suis allé au pensionnat pour garçon et, durant toutes ces années, j’ai demandé pardon. Je croyais que mon comportement était mauvais. J’avais honte de moi-même. Je priais Dieu pour qu’il me change, pour qu’il me remette sur le droit chemin. Je sais qu’il y a plusieurs adolescents, partout dans le monde, qui ressentent la même chose. Mon objectif était de leur montrer qu’ils n’ont pas à demander pardon, parce qu’ils sont beaux dans leurs différences.

RG. Le message très fort de Libertad fait penser à celui de Born this way. Il semblerait que la musique populaire tend de plus en plus à véhiculer des messages forts plutôt que de parler éternellement de relations amoureuses, de ruptures et de fêtes.

CC. Absolument. Il n’y a pas de contradiction entre musique populaire et propagation de messages. C’est formidable de donner à son public de quoi danser toute la nuit, mais avec des chansons comme Libertad, il y a aussi un cri, celui de la liberté.

RG. Quelques années après votre mariage à Moncton, au Nouveau-Brunswick, on a tenté d’exercer du chantage sur vous, avec des photos de l’événement qu’on vous menaçait de remettre aux médias. C’est ce chantage qui vous a décidé à affirmer haut et fort votre identité ?

CC. Exactement. Ce qui me retenait d’en faire une annonce publique, ce n’était pas de la peur pour ma situation, c’était de nuire à mon groupe de l’époque RBD, constitué de cinq autres membres. Je ne voulais pas nuire à la popularité du groupe. J’ai parlé à mes producteurs et ils m’ont donné le choix de nier ou de parler. J’ai répondu : « Vous savez quoi ? J’ai envie de parler. »

Quand j’avais 16-17 ans, mon orientation sexuelle me désespérait. Je pleurais dans ma chambre le soir. J’aurais aimé voir une personnalité publique que j’admire faire un geste comme celui-là et me montrer qu’on peut être gai et avoir une vie fabuleuse, dépourvue de honte.

RG. Vous n’avez pas fait les choses à moitié. Vous avez fondé le centre Libertad, vous avez collaboré avec le PFLAG, travaillé avec Armario Abierto… Que pouvez-vous nous dire à propos de votre propre organisation Libertad ?

CC. Il est important pour moi de dire que la vie m’a été favorable. Elle me donne la possibilité d’aider les autres à s’accepter, à être libres. La liberté est certainement une des choses les plus précieuses. La fondation Libertad est importante, parce qu’elle peut aider les adolescents qui sont désorientés quant à leur identité sexuelle. Parfois, le manque d’information anéantit des vies.

Dans notre centre, ils peuvent obtenir de l’information. Un service téléphonique 24 heures leur permet de poser des questions ou simplement de parler à des spécialistes. Nous accueillons ceux qui ont été jetés à la rue par leur famille. Un aspect important de notre démarche consiste aussi à approcher les familles, en essayant de les éduquer en leur expliquant que l’homosexualité n’est pas un péché.

Pour écouter toute l’entrevue en anglais :

http://youtu.be/RS9zXL6WTbA

http://youtu.be/z5ho2WVL_hc

http://youtu.be/QbNd5qkj744