L’intimidation nuit à la réussite scolaire, selon Line Chamberland

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Line Chamberland

Plus de 2 700 élèves provenant de 30 écoles secondaires de partout au Québec ont participé à une étude portant sur l’impact de l’homophobie et de la violence homophobe sur la persévérance et la réussite scolaires. De ce nombre, près de neuf élèves sur dix affirment entendre fréquemment des insultes homophobes du type « c’est gai » ou « c’est fif ». C’est aussi le cas de 7 cégépiens sur 10, dont plus de 1 800 ont participé à l’étude.

En outre, près de 40 % des élèves du secondaire sondés rapportent avoir été victimes d’au moins un acte de violence en milieu scolaire lié au fait qu’ils sont ou que l’on pense qu’ils sont lesbiennes, gais ou bisexuels-les. Au collégial, 5 % des répondants disent avoir vécu de la violence homophobe.

Une violence répandue

« L’ampleur du phénomène est surprenante », a déclaré Line Chamberland, professeure au département de sexologie de l’UQAM et principale chercheuse de l’étude. Ses travaux révèlent que les élèves hétérosexuels ayant vécu de l’homophobie au secondaire constituent une bonne proportion des victimes (35,4 %), relativement aux élèves lesbiennes, gais, bisexuels-les ou en questionnement (LGBQ), qui représentent 69 % des victimes.

De plus, l’étude souligne que les jeunes rapportent peu aux autorités scolaires les incidents à caractère homophobe. Ainsi, au secondaire, seuls 22 % des victimes ont déclaré avoir rapporté au moins une fois un incident. Ce pourcentage tombe à 5 % chez les cégépiens. Ces faibles taux s’expliqueraient notamment par la crainte de répercussions négatives ou encore par la croyance que rien ne sera fait pour corriger la situation.

Selon Mme Chamberland, les garçons sont plus nombreux à rapporter des remarques homophobes et sont plus sujets à la violence physique, aux insultes, aux taquineries méchantes et aux humiliations. Quant aux filles, elles sont plus sujettes à la cyberintimidation.

Homophobie et réussite scolaire

Selon la chercheuse, les LGBQ plus fréquemment victimes d’homophobie sont aussi plus enclins à s’absenter de l’école et, ultimement, à décrocher. « C’est lorsque l’intimidation est à répétition qu’on voit un impact sur la persévérance scolaire. Les jeunes ont du mal à se concentrer en classe, ils sont sur le qui-vive. Et si, en plus, ils se questionnent sur leur orientation et ne savent pas comment ça va être accueilli, il va y avoir un impact sur leurs notes », a-t-elle indiqué au journal Le Devoir.

Elle conclut son étude en évoquant la « nécessité pour les directions d’école, les enseignant-es et les intervenant-es de mettre en place des efforts concertés de lutte contre l’homophobie et de sensibilisation à la diversité sexuelle ».

Crédits photo: Arnaud Baty