La Marche des salopes aura lieu le 29 mai

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Marche des Salopes Montréal Slutwalk

L’initiative fait écho à la SlutWalk de Toronto, organisée le 3 avril dernier, en réaction aux propos tenus par un représentant du service de police de Toronto, au Osgoode Hall Law School de l’Université de York, suggérant que « les femmes gagneraient à ne pas s’habiller en salope afin d’éviter de se faire agresser ».

À l’appel des activistes Heather Jarvis, Sonya JF Barnett et d’Alyssa Teekah du groupe Feminist Action de l’Université de York, plus de 1.500 personnes se sont mobilisées de Queen’s Park au quartier général de la police de Toronto pour crier leur ras-le-bol des préjugés.

Un inacceptable blâme aux victimes

« Les personnes victimes d’agressions sexuelles n’en sont jamais responsables, peu importe les circonstances », affirment les organisateurs de la Marche des salopes dans leur manifeste publié sur la page Facebook de Slutwalk Montreal. Jusqu’à présent, plus de plus de 2400 personnes entendraient y participer.

« L’agression sexuelle étant déjà un crime trop peu dénoncé, les survivant-e-s ont encore moins de raisons de la signaler à la police de peur de se faire blâmer. Le fait de se faire agresser n’a rien à voir avec une tenue vestimentaire; ça n’a également rien avoir avec le sexe – cependant, le fait d’utiliser un terme péjoratif afin de justifier une conduite inexcusable créé un climat où il est acceptable de faire porter le blâme aux victimes », peut-on y lire.

Réappropriation du mot salope

En se réappropriant le terme péjoratif salope (slut), les organisateurs tentent de lui conférer une connotation positive dans un stratégie de retournement des stigmates (comme dans le cas du mot queer ou nigger). « Selon moi, le mot salope se rapporte à une personne responsable de sa sexualité, à quelqu’un qui a choisi d’avoir plus d’un partenaire et qui l’assume. Il s’agit d’une mentalité ou d’un comportement, pas d’une apparence », explique l’organisatrice de la SlutWalk Toronto, Sonya JF Barnett, dans une entrevue accordée à Sexlife Canada.

Mme Barnett explique que, malgré les excuses de la police de Toronto, le préjugé de l’agent Sanguinetti selon lequel une « salope est quelqu’un qui s’habille de manière trop provocante et qui demande à avoir du sexe avec n’importe qui » prévaut largement parmi la population.

Crédits photo: PaDumBumPsh.