Ouganda : le projet de loi homophobe bientôt voté ?

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Depuis quelques jours, un comité du parlement ougandais se réunit pour discuter du projet de loi anti-gais présenté pour la première fois en 2009. Celui-ci prévoyait alors jusqu’à la peine de mort pour certains cas d’actes sexuels. La nouvelle avait provoqué un tollé dans la communauté internationale, à tel point qu’on imaginait même dernièrement que le projet de loi a été jeté aux oubliettes.

En vérité, une nouvelle version du texte devrait être proposée aux membres du Parlement. Elle ne contiendrait plus la disposition sur la peine de mort. Reste à connaître la date du vote. Certains parlent des prochains jours, mais pour d’autres, rien ne devrait pas arriver avant le renouvellement de la Chambre, la semaine prochaine, suite aux élections de février.

« État policier »

En attendant, les militants GLBT tentent de mobiliser les opposants au texte homophobe. Une pétition sur Internet a été lancée par l’association All Out (http://allout.org/fr/petition/uganda). Celle-ci s’adresse directement au président ougandais,Yoweri Museveni, réélu il y a trois mois. D’après plusieurs organisations, le retour en grâce du projet de loi constitue une manœuvre politique pour détourner l’attention alors que pouvoir en place a été mis en difficulté ces dernières semaines, utilisant la force fin avril pour mater des révoltes liées à la vie chère.

Si les mouvements évangélistes sont à l’origine du contexte anti-gai gangrénant l’Ouganda ces derniers mois, certains religieux appuient les GLBT. Le plus connu d’entre eux, Christopher Senyonjo, s’est dit de nouveau, ces derniers jours, contre le projet de loi. Selon l’Associated Press, l’archevêque anglican « a affirmé que le projet de loi ne mettrait pas fin à l’homosexualité en Ouganda mais qu’il transformerait plutôt le pays en un État policier et qu’il pourrait contribuer à augmenter le nombre de personnes atteintes du sida parce que les homosexuels ougandais n’oseront plus se faire traiter ».

Crédits photo: riekavoc