Émile Nelligan, homosexuel ?

Par  |  Aucun commentaire

Émile Nelligan livre

Interné à la Retraite Saint-Benoît en 1899, l’histoire officielle raconte que Nelligan (1879 – 1941) aurait, dès l’âge de 20 ans, souffert d’une grave psychose. Mais cet « internement », dans une maison à la base conçue pour accueillir les membres du clergé affligés d’alcoolisme ou de déviance sexuelle, sous-entend inévitablement l’homosexualité du poète, du moins pour M.Courteau qui écarte la thèse de l’alcoolisme grâce à l’analyse du poème La Romance du vin.

Analyse psychanalytique

Poursuivant son argumentaire en analysant plusieurs autres poèmes, la lecture assez psychanalytique que fait M.Courteau de l’œuvre de Nelligan évoque l’amour démesuré éprouvé pour la mère, la volonté de tuer le père, ainsi que les remords liés à des « amours sordides » et le concept d’homophobie intériorisée, tout cela tiré d’écrits dont il n’est pourtant pas certain qu’ils soient strictement autobiographiques. Si une telle preuve existe, Bernard Courteau lui-même ne semble, en tout cas, pas en souffler mot.

Cette étude littéraire s’adresse sans aucun doute aux initiés, allant d’anagrammes en références gréco-latines, judéo-chrétiennes, littéraires ou mythologiques. M.Courteau démontre bien une connaissance accrue de son sujet grâce à des années de recherches exhaustives, mais peine à vulgariser cet immense savoir afin d’entraîner le lecteur au cœur du mystère Nelligan. Peu importe si, au final, celui-ci est en accord ou non avec la thèse de l’homosexualité présumée du réputé poète.

Ces beaux gars à l’œil brun dont rêvait Nelligan
Bernard Courteau
Guérin
20 dollars