Ce qu’aimer veut dire – Au nom du père et de Foucault

Par  |  Aucun commentaire

Ce qu'aimer veut dire Mathieu Lindon

Il s’agit d’abord d’un livre très personnel. Mais si les souvenirs de Mathieu Lindon frôlent parfois l’impudeur, l’écriture et la sincérité littéraire de l’écrivain écartent tout voyeurisme médiocre. Avec Ce qu’aimer veut dire, celui-ci rend hommage à deux hommes qui lui ont permis de tracer une route presque inimaginable au départ tant l’adolescent qu’il était semblait profondément perdu.

Aujourd’hui encore, Michel Foucault, par son œuvre et son histoire (philosophe révolutionnaire mort dans les années 80 au début de l’épidémie du VIH/Sida en France) garde un statut d’icône, notamment dans la communauté gaie. Mathieu Lindon a le mérite de l’humaniser même si l’intellectuel homosexuel garde l’apparence d’un maître bienveillant qui accueille ses disciples dans son grand et chic appartement parisien. Des murs où Mathieu Lindon habitera un an et qui l’auront marqué à vie.

Époque révolue

S’il a pu partager pleinement l’existence de Foucault pendant six ans, l’histoire se révèle différente pour l’autre homme de sa vie. Sans être passé à côté de son père, ponte de l’édition française, Mathieu Lindon évoque une relation inégale, faite de silences, même à la mort de celui-ci. Il touche ici à l’essentiel en racontant la difficulté de dire « je t’aime » aux plus proches.

Outre cette émotion propre à une histoire familiale forcément unique, il se dégage au fil des pages de ce livre une vraie nostalgie. La nostalgie d’une époque où le sexe n’était pas un danger, où l’onon pouvait se permettre des folies à la parisienne sans avoir peur des conséquences. Si Mathieu Lindon reste un produit d’une classe sociale privilégiée, son livre rappelle tout de même qu’il y a eu des années où tout semblait possible.

Crédits photo: 2010jade1.