La hausse des frais de scolarité : une mesure rétrograde

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Éducation hausse frais d'inscription

Parmi les groupes d’étudiants qui subissent plus dûrement ces hausses, il y a les jeunes gais et lesbiennes. La logique qui sous-tend le financement des études postsecondaires, est une logique patriarcale où on prend pour acquis que les parents paient pour les études de leurs enfants et ce, même quand ils sont devenus adultes… à moins que ceux-ci soient devenus indépendants… en se mariant!

Si depuis quelques années les jeunes gais et lesbiennes peuvent convoler et acquérir leur indépendance, il n’en reste pas moins qu’encore aujourd’hui ils sont encore pas mal plus nombreux que les jeunes hétéros à devoir quitter bon gré mal gré le nid familial pour pouvoir vivre leur vie.  Il est encore trop fréquent qu’en affirmant leur homosexualité des jeunes gais et lesbiennes soient foutus à la porte du domicile familial.

Commence alors une vie beaucoup plus difficile où les possibilités d’études sont restreintes. Sans recevoir d’aide des parents, sans être considéré indépendant de ceux-ci par le régime d’aide financière, ces jeunes ne doivent compter que sur leurs propres ressources pour étudier et pour vivre. Bien souvent, cela retardera pour longtemps leurs projets d’études. Il suffit de regarder autour de nous pour trouver plusieurs cas du genre. C’est une réalité fréquente dans la communauté gaie et lesbienne.
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Élargir la gratuité scolaire

Au début du troisième millénaire, alors qu’un bacc. ne vaut guère plus aujourd’hui qu’un DEC il y a trente ans, il serait plus que temps de dépasser cette vision passéiste des études universitaires qui date de l’époque où les études universitaires n’étaient que l’affaire des notables. Il serait temps d’élargir la gratuité scolaire tel que promis il y a plus de 40 ans pour que l’université soit vraiment ouverte à tous. Il serait temps aussi de se poser la question de comment soutenir adéquatement ces hommes et ces femmes qui, une fois adultes, décident de poursuivre des études qui  bénéficieront non seulement à eux, mais à toute la société.

Le ministre Bachand justifiait en janvier cette mesure rétrograde en arguant que les diplômés universitaires gagnent plus dans leur vie active que le reste des salariés. C’est fort probable. Mais cela veut aussi dire qu’ils doivent payer plus de taxes et impôts. Où est alors l’iniquité quand le gouvernement prend en charge le coût de ces études… que les futurs diplômés repaieront amplement par leurs impôts?

Pour sa part, le patronat qui est toujours prêt à voir les frais et les impôts grimper sauf quand il s’agit des siens, défend cette mesure en prétendant que les étudiants ‘investissent dans leur avenir’. Je n’ai jamais entendu une excuse aussi grossière pour justifier l’injustifiable. Pour m’être présenté devant un banquier au sortir de l’université pour pouvoir démarrer cette entreprise, je peux vous assurer que vous ne trouverez jamais un de ces financiers pour reconnaître la valeur de  vos études. Ils regarderont votre bilan et ne verront que vos dettes d’études. Pour eux, vous vaudrez moins que rien. Comme malhonnêteté intellectuelle, j’ai rarement  entendu quelque chose de plus scandaleux.

Ce qui coûte vraiment cher…

En fait, ce qui coûte le plus cher à notre société, ce ne sont ni les universités, ni de soutenir financièrement  les étudiants. C’est de se priver du talent et du plein potentiel de tous ceux qui pourraient et voudraient faire des études universitaires, mais ne le peuvent pas pour des raisons économiques. Ce sont aussi les pertes encourues quand des étudiants décrochent faute de moyens avant de terminer leurs études.

À l’aube du 3e millénaire, ce qu’il faut ce n’est pas cette vision rétrograde et élitiste des études universitaires, réservées à ceux et celles qui peuvent se les payer, mais une vision humaniste de la connaissance universelle qui doit être celle de l’université. Dans le meilleur intérêt de tous, nous devrions donner les moyens et  demander à chaque étudiante, à chaque étudiant de se concentrer sur ses études et de les réussir.

Entretemps, les étudiants apprendront certainement beaucoup plus qu’en restant béatement dans leurs classe, en remettant en cause et en contestant dans la rue comme ils ont commencé à le faire cette vision patriarcale des études universitaires.

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