Shanghai: quelque 60 clients d’un bar gai arrêtés par la police

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Shanghai Q BAR

Si l’homosexualité reste taboue en Chine, on pensait désormais Shanghai, immense ville cosmopolite ouverte sur le monde. Erreur. Le  3 avril, à environ une heure du matin, une cinquantaine de clients d’un nouveau bar gai, le Q Bar, ont été arrêtés par la police qui les a ensuite emmenés dans ses locaux pour les interroger.

Les conditions de cette détention ont été, semble-t-il, très difficiles. Selon les messages que certaines victimes ont laissé sur Tweeter, pendant les douze heures de cette confrontation, ceux-ci n’ont pu ni boire ni manger. Ils auraient parfois été laissés dans le froid, sans vestes. Certains affirment même avoir été frappés.

Dénonciation d’un club rival ?

«Quand j’étais jeune, notre professeur nous a appris à aimer notre pays, et j’ai toujours aimé la Chine d’un amour profond. Aujourd’hui je déteste le fait d’être chinois », a affirmé l’un d’eux.

De son côté, la police prétend que ces hommes regardaient un « spectacle pornographique », c’est-à-dire un spectacle de gogo-dancer. « Est-ce qu’il a tout enlevé ? » « Est-ce que ses parties génitales étaient visibles ? » « Est-ce que les clients glissaient des billets dans son string ? » auraient demandé aux clients arrêtés les policiers. Pour ces derniers, certains clients auraient eu des relations sexuelles dans le bar.

Pour le DJ qui officiait au Q Bar (et lui-même arrêté), la dénonciation d’un club rival est à l’origine de cette descente de police. Un tel raid dans un bar de Shanghai n’a pas été vu depuis 2007. En mars 2010, 80 homosexuels avaient été arrêtés dans un lieu de drague, juste à l’extérieur de Pékin.

Crédits photo: Keith Marshall.