États-Unis: la justice met à mal la lutte contre l’homophobie

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Liberté expression plus forte que la lutte contre l'homophobie

En 2006, l’église utlra-conservatrice Westboro perturbait sauvagement les funérailles du soldat Lance Matthew Snyder, 20 ans, tué cinq semaines après son arrivée en Irak.
«Priez pour davantage de soldats morts » et «Armée de pédés» étaient le genre de messages haineux qu’on pouvait lire sur les pancartes des manifestants.
L’église Westboro prétend que l’Amérique est punie parce qu’elle tolère l’homosexualité. En faisant tomber les soldats au combat, Dieu condamne cette «nation de pédés». Ce groupe radical homophobe d’environ 75 membres a depuis manifesté au cours de centaines de funérailles de soldats, de policiers ou de pompiers. Et la justice continuera à les laisser faire.

Huit voix contre une

Par huit voix contre une, la Cour suprême a en effet jugé que ces manifestations d’une rare violence étaient légales, même si elles perturbaient des funérailles privées. Il semble que les auteurs sont protégés par le Premier amendement de la Constitution américaine qui garantit la liberté d’expression et qui visiblement n’a aucune limite.
La Cour suprême reconnaît la violence des propos, mais soutient qu’elle ne peut la condamner afin de «ne pas étouffer le débat public». «La parole est puissante. Elle peut pousser les gens à agir, les faire pleurer, de joie ou de tristesse, et leur infliger, comme c’est le cas ici, une grande souffrance».
«En tant que nation, nous avons choisi une voie différente, qui est de protéger la liberté d’expression, même quand elle peut blesser», explique le Président de la Cour suprême, John G. Roberts (nommé pas Georges W. Bush et connu pour ses positions conservatrices). Certains vont même jusqu’à dire que cette défaite pour les gais est une victoire pour les défenseurs de la liberté d’expression.

L’entourage du soldat choqué

Un juge avait accordé en première instance 11 millions de dollars au père du jeune soldat pour dommages et intérêts et «détresse morale». Cette compensation a été retirée en appel.
Bonnie Snyder, une proche du soldat, exprime son désaccord sur une page Facebook dédiée au soldat. «C’est un triste jour pour nos soldats morts au combat et leur famille. Ils se sont battus et sont morts pour ce pays et pourtant la Cour estime qu’on a le droit de cracher sur leurs tombes.» Elle ne pouvait choisir de meilleurs mots pour critiquer cette décision absurde.
Crédits photo: Beatriz Colonia