Théâtre-The Dragonfly of Chicoutimi: voyage au cœur de Gaston Talbot

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The Dragonfly of chicoutimi

«I travel a lot, I see a lot of things» Les premiers mots qui sortent Gaston Talbot d’une indéfinissable période d’aphasie. Décliné en cinq identités, le Chicoutimien s’exprime désormais dans une langue étrangère, l’anglais. Il nous raconte un rêve qui en dit long sur sa vie, sur ses relations avec sa mère, et sur son voisin, Pierre Gagnon. Il explique par la suite au public les événements de cette fameuse nuit d’été qui l’a plongé dans un long silence.
La réussite de cette production du théâtre PàP ne tient pas à un élément en particulier, mais au tout. Il en résulte un objet étrange qui ne peut laisser le spectateur indifférent. La mise en scène de Claude Poissant est brillante. Les cinq acteurs enfermés dans des boites s’expriment parfois seuls, parfois à l’unisson pour partager des extraits de conscience et d’inconscience.

La rivière au centre de l’intrigue

Au-delà du niveau de difficulté que cela représente — les acteurs bougent de façon chorégraphiée, d’une précision étonnante sans jamais se voir les uns les autres — les mouvements scéniques font voyager le spectateur d’un Gaston Talbot à un autre, en ne négligeant jamais la clarté du propos déjà complexe.
Les comédiens portent Gaston Talbot avec beaucoup de justesse et d’aplomb. La scénographie d’Olivier Landreville sied à merveille à cette déconstruction du monologue original. Les fameuses boîtes, dont certaines ont des perspectives tronquées, semblent flotter dans un espace-temps hors de la réalité.
Il y a la rivière aussi, la fameuse rivière aux roches qui sera le théâtre de l’événement tragique qui aliène le protagoniste, astucieusement reproduite avec un grand tissu négligemment déposé en avant-scène. Les éclairages de Erwann Bernard
et la musique de Te Tairas-tu? et d’Éric Forget complètent à merveille cet univers onirique prenant souvent des allures de cauchemar.
The Dragonfly of Chicoutimi est assurément un texte d’importance dans la dramaturgie québécoise. Il devient ici, une production d’importance avec le travail formidable de Claude Poissant, de ces acteurs et de son équipe de concepteurs. À voir absolument.
The Dragonfly of Chicoutimi
Mise en scène : Claude Poissant
Avec Dany Boudreault, Patrice Dubois, Daniel Parent, Étienne Pilon et Mani Soleymanlou
À l’Espace Go
Du 22 février au 19 mars 2011
Renseignements sur espacego.com