James Franco, acteur iconoclaste

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James Franco Oscars

La présence de l’homosexualité dans le travail de James Franco (Milk et dernièrement Howl) soulève bien des questions. D’ailleurs, l’acteur de 32 ans joue parfaitement avec cette ambiguïté.
Contrairement au déni offusqué de certains acteurs et du lourd silence d’autres devant la question de l’orientation sexuelle, James Franco affirme : «C’est amusant parce que sur les blogues, les gens ont un rapport systématique avec la question. Tout est noir ou blanc ! Ils définissent l’identité comme quelque chose de forcément net et précis, sans nuances. Ils se demandent : “Il est gai ou hétéro ?” Ou alors ils me disent “C’est ton troisième film homo, sors du placard !”. Cette vision est uniquement basée sur l’idée que l’objet de ton affection définirait ta sexualité.»

L’art dramatique pour vaincre sa timidité

On retrouve une nouvelle preuve du côté unique de James Franco dans sa décision de coanimer la cérémonie des Oscars, le 27 février, avec l’actrice Anne Hathaway. Toujours dans l’esprit de sa marginalité, il affirme qu’il n’aurait jamais accepté cette offre si son entourage et ses amis ne lui avaient pas assuré… qu’il s’agissait là d’une très mauvaise idée.
«Ça allume toujours des étincelles en moi. Parce que l’avis des gens est basé sur une connaissance rationnelle et conventionnelle de ce qui définit une bonne carrière. L’animation des Oscars peut être d’un ennui mortel. Mais si je peux défaire les a priori négatifs des gens et me sortir indemne de cette tâche, je crois que ça ne peut être que positif !», explique James Franco.
En fait, depuis le début de sa carrière le comédien présente un parcours à part. Originaire de Palti Alto en Californie, il s’est inscrit en 1996 à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), en anglais et en art dramatique, dans le but de vaincre sa timidité. Il finit par abandonner ses études, puis suit l’enseignement de Robert Carnegie à la célèbre école pour acteurs Playhouse West, à Los Angeles.
Il décroche un premier rôle en 1999 dans College Attitude, film produit par Drew Barrymore. Cependant, c’est son interprétation de Daniel Desario, jeune rebelle romantique, dans Freaks and Geeks, qui lui permettra de décrocher d’autres rôles.

«Un visionnaire»

En 2001 est un tournant avec une interprétation qui lui donnera une vraie notoriété: celle de James Dean dans Il était une fois James Dean. Pour ce rôle, qui lui vaudra un Golden Globe, James Franco se métamorphose. Il cherche par tous les moyens à s’imprégner de l’essence de Dean en changeant d’attitude et de mode de vie. Ainsi, il se met à fumer deux paquets de cigarettes par jour pour mieux incarner le défunt acteur, alors qu’il n’avait lui-même jamais consommé de tabac. Cette interprétation piquera la curiosité de la Columbia, qui prépare sa trilogie Spider-Man. Sa carrière est alors lancée.
Parallèlement à sa carrière d’acteur, James Franco fait preuve d’un intérêt indéniable pour l’art visuel. Il a même déménagé à New York à la fin de la décennie pour faire des études dans ce domaine, entre autres à la prestigieuse Tisch School of Arts.
En juin 2010, il présente The Dangerous Book Four Boys à la Clocktower Gallery de New York, une exposition solo qui mélange vidéos, dessins, peintures et sculptures. Le Wall Street Journal qualifie ses élans artistiques de «sorte de créativité schizophrénique». Développée autour de l’ambiguïté sexuelle qui survient durant l’enfance, James Franco y offre un univers déconstruit, sombre et fortement sexué.
La directrice de la Galerie, Alanna Heiss, qui n’avait pas offert cet espace pour une exposition solo depuis des années, ne tarit pas d’éloges à l’égard de l’acteur. Selon elle, James Franco «sera un artiste visionnaire pour sa génération».